6 erreurs à éviter dans vos prédications de Noël

Evangile 21 USA vient de publier un article intéressant. Il est particulièrement pertinent si votre Église a l’excellente tradition de prêcher plusieurs dimanches de suite sur Noël. L’auteur relève 6 erreurs fréquemment commises par les prédicateurs à Noël. Je vous en résume chaque point. Pour l’intégralité, cliquez ici (et apprenez l’anglais).

NOTE aux non-prédicateurs. Pourquoi pas envoyer maintenant cet article à vos amis prédicateurs plutôt que de le leur envoyer après avoir entendu une des erreurs dans leur message!

1. Esquiver la généalogie de Matthieu 1

Les apparences peuvent être trompeuses. Oui les généalogies sont un peu ennuyeuses en surface. Mais celle de Matthieu 1 révèle des trésors! Jésus vient d’une longue tradition de familles dysfonctionnelles. Et c’est encore plus intéressant quand on remarque les 4 femmes citées dans son arbre généalogique. Elles avaient toutes un lien avec des non-Juifs. En bref, la généalogie révèle le besoin d’un sauveur (péché) et l’élargissement du peuple de Dieu pour inclure les non-Juifs.

2. Déclarer que Jésus est né dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place dans l’auberge

“L’auberge” était probablement plutôt une chambre d’invités (cf. par ex. Luc 2.7 et Luc 22.11 les deux seules occurrences du mot dans Luc). Le scénario serait donc plutôt que Joseph et Marie ont logé chez des amis ou de la famille et ont dû dormir dans la chambre familiale avec tous les autres, parce que la chambre d’invités était déjà prêtée. Un détail qui a son importance, par exemple, pour que l’accent de notre exégèse soit sur les humbles commencements du Messie du peuple de Dieu et non sur l’inhospitalité du maître d’auberge.

3. Parler de la mauvaise réputation des bergers

Il y a un texte antique que beaucoup de prédicateurs aiment citer sur les bergers. C’est un texte qui dit que les bergers étaient méprisés dans la culture juive et n’avaient pas le droit de porter témoignage au tribunal. Mais Darrell Bock relève deux problèmes: 1. La citation date de plus de 400 ans après la naissance de Jésus. 2. Les bergers dans la Bible sont largement décrits positivement (Par ex. Ps 23; Lc 15.4; Marc 6.34; Mt 18.12).

4. Appeler les mages des « rois mages »

Si on les perçoit comme des rois, on peut passer à côté de l’étonnement que devrait susciter la visite d’astrologues, magiciens et voyants, pour accueillir la naissance du roi divin. NB. En anglais, on les appelle carrément les « sages rois mages ». L’auteur développe donc un peu plus ce point.

5. Occulter l’histoire du massacre des enfants en Matthieu 2.16-18

Beaucoup de pasteurs rechignent à aborder l’horreur du massacre des bébés dans Matthieu 2.16-18. Mais c’est rater l’occasion de prêcher l’espoir qu’on a en Christ. Certes le texte est sombre. Et en plus du massacre des garçons (une vingtaine, au vu de la population à l’époque, à Bethlehem), le texte augmente l’horreur en citant Jérémie 31.15 qui parle des mères juives qui pleurent la déportation de leurs garçons à Babylone. Mais si on étudie cette citation en contexte on voit que l’espoir offert à ces mères est le même offert aux mamans de Bethléhem et à toute personne qui souffre du mal et de l’injustice. C’est au final un superbe texte à prêcher, malgré les apparences.

6. Prétendre qu’il n’y a rien de « prêchable » pour Noël dans l’Évangile selon Marc.

Après Matthieu 1 et 2, Luc 1 et 2, on peut encore envisager de prêcher le prologue de Jean. Mais on oublie trop souvent l’autre prologue. Car Marc aussi parle de l’incarnation dans son prologue. Jésus est le Messie et Fils de Dieu qui arrive pour accomplir la prophétie d’Ésaïe annonçant un nouvel exode. Ce texte d’Esaïe parle de la venue de l’Éternel!

Lisez l’article complet ici (et consultez les 13 sources de l’article aussi en note de bas de page). [ENG]

PS. Encore une fois, si vous connaissez des prédicateurs, soyez gentils et envoyez-leur l’article avant leur message de Noël et pas après!

Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Marié avec Hanna, ils sont parents du petit Noah et font partie d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy, une ville à 40 minutes à l’Est de Lyon. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Il aussi le créateur de plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).

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  • Arno

    Je me demande si on ne passe pas un peu rapidement sur le rôle qu’ont joué les mages. Ils font partie des personnages bibliques qui m’intriguent beaucoup et me fascinent un peu.

    Je pense qu’ils étaient sages, au sens « savant » du terme. Ils étaient probablement érudits, scientifiques, astronomes/astrologues, devins et avaient sans doute des pratiques idolâtres et occultes. Toujours est-il qu’ils connaissaient les textes hébreux et les prophéties au sujet d’un roi à venir.
    On peut se demander qu’est-ce qui les a poussés à parcours plusieurs centaines de kilomètres à travers le désert jusqu’à Jérusalem, puis Bethléem. Le besoin de « valider » leurs hypothèses au sujet de l’étoile (ou de la comète 😉 ) ? La hâte de venir adorer le nouveau-né ? Faire un geste politique en venant d’un autre pays pour féliciter le futur roi ? Nul ne le sait vraiment.
    Si leurs intentions étaient surement bonnes, je me demande si leur venue ne révèle pas autre chose : Satan ne se serait-il pas servi des mages pour tenter pour la première fois d’éliminer Jésus ?
    Avant d’arriver à Bethléem, les mages arrivent d’abord à Jérusalem et demandent à tout le monde « où est le roi des Juifs qui vient de naître ? ». La rumeur se répand dans toute la ville et arrive, probablement quelques jours après, jusqu’aux oreilles d’Hérode, dont les prêtres confirment la rumeur en se rappelant des prophéties.
    C’est donc à cause des mages que Hérode (et tout Jérusalem avec lui) est au courant de la naissance du roi. Et c’est parce que les mages ont été avertis des intentions d’Hérode dans un rêve, que celui-ci ordonne un peu plus tard le massacre des nouveaux nés de la région de Bethléem.
    Ma conclusion :
    – Le diable s’est servi des mages pour tenter de contrecarrer le plan divin. Mais Dieu les avertis dans un rêve, ils l’écoutent et la vie de Jésus ainsi que le plan du salut pour l’humanité sont préservés.

    – D’un côté les bergers, des gens simple et au bas de l’échelle sociale, sont honorés par Dieu (cf. l’article sur les renversements de Noël). De l’autre, des hommes riches et savants se prosternent devant Jésus et lui offrent des cadeaux prestigieux. Ne serait-ce pas le signe qu’à la fin, tous les hommes, mêmes puissants, reconnaîtrons que Jésus est Seigneur ?

    – C’est un bouleversement total pour la religion juive et ses prêtres qui n’ont pas su interpréter les signes de la venue de Christ, qui est annoncée de manière inattendue, d’abord à des gens simples (les bergers) et des étrangers païens (les mages).