6 erreurs à éviter dans vos prédications de Noël

En cette période de Noël, vous ne voulez pas commettre ces 6 erreurs fréquemment commises par les prédicateurs.

Je vous conseille vivement ces erreurs relevées par le pasteur Steve Mathewson. En voici un bref résumé à lire avant dimanche (où à envoyer à votre pasteur avant dimanche)!

1. Esquiver la généalogie de Matthieu 1

Les apparences peuvent être trompeuses. Oui les généalogies sont un peu ennuyeuses en surface. Mais celle de Matthieu 1 révèle des trésors!

Jésus vient d’une longue tradition de familles dysfonctionnelles. Et c’est encore plus intéressant quand on remarque les quatre femmes citées dans son arbre généalogique. Elles avaient toutes un lien avec des non-Juifs.

En bref, la généalogie de Jésus en Mathieu chapitre 1 révèle le besoin d’un sauveur (péché) et l’élargissement du peuple de Dieu pour inclure les non-Juifs.

2. Déclarer que Jésus est né dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place dans l’auberge

« L’auberge » était probablement plutôt une chambre d’invités (cf. par ex. Lc 2.7 et Lc 22.11 les deux seules occurrences du mot dans Luc).

Le scénario serait donc plutôt que Joseph et Marie ont logé chez des amis ou de la famille et ont dû dormir dans la chambre familiale avec tous les autres, parce que la chambre d’invités était déjà prêtée.

C’est un détail qui a son importance. Ça nous gardera de prêcher sur l’inhospitalité du maître d’auberge. Notre exégèse mettra plutôt l’accent sur les humbles commencements du Messie du peuple de Dieu.

3. Parler de la mauvaise réputation des bergers

Il y a un texte antique que beaucoup de prédicateurs aiment citer sur les bergers. C’est un texte qui dit que les bergers étaient méprisés dans la culture juive et n’avaient pas le droit de porter témoignage au tribunal.

Mais Darrell Bock relève deux problèmes:

  1. La citation date de plus de 400 ans après la naissance de Jésus.
  2. Les bergers dans la Bible sont largement décrits positivement (Par ex. Ps 23; Lc 15.4; Marc 6.34; Mt 18.12).

En bref, c’est super tentant de prêcher cette erreur. Mais c’est une erreur quand même.

4. Appeler les mages des « rois mages »

Si on les perçoit comme des rois, on peut passer à côté de l’étonnement que devrait susciter la visite d’astrologues, magiciens et voyants, pour accueillir la naissance du roi divin.

NB. En anglais, on les appelle carrément les « sages rois mages ». L’auteur développe donc un peu plus ce point.

5. Occulter l’histoire du massacre des enfants en Matthieu 2.16-18

Beaucoup de pasteurs rechignent à aborder l’horreur du massacre des bébés dans Matthieu 2.16-18. Mais c’est rater l’occasion de prêcher l’espoir qu’on a en Christ.

Certes le texte est sombre. Et en plus du massacre des garçons (une vingtaine, au vu de la population à l’époque, à Bethlehem), le texte augmente l’horreur en citant Jérémie 31.15 qui parle des mères juives qui pleurent la déportation de leurs garçons à Babylone.

Mais si on étudie cette citation en contexte on voit que l’espoir offert à ces mères est le même offert aux mamans de Bethléhem et à toute personne qui souffre du mal et de l’injustice. C’est au final un superbe texte à prêcher, malgré les apparences.

6. Prétendre qu’il n’y a rien de « prêchable » pour Noël dans l’Évangile selon Marc.

Après Matthieu 1 et 2, Luc 1 et 2, on peut encore envisager de prêcher le prologue de Jean. Mais on oublie trop souvent l’autre prologue. Car Marc aussi parle de l’incarnation dans son prologue. Jésus est le Messie et Fils de Dieu qui arrive pour accomplir la prophétie d’Ésaïe annonçant un nouvel exode. Ce texte d’Esaïe parle de la venue de l’Éternel!

Quoi faire maintenant?

  1. Lisez l’article complet ici (et consultez les 13 sources de l’article aussi en note de bas de page). [ENG]
  2. Si vous connaissez des prédicateurs, soyez gentils et envoyez-leur l’article avant leur message de Noël et pas après!

Pensez-vous à d’autres erreurs prêchées à Noël? Laissez un commentaire!

Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Marié avec Hanna, ils sont parents du petit Noah et font partie d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy, une ville à 40 minutes à l’Est de Lyon. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Il aussi le créateur de plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).

http://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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  • Arno

    Je me demande si on ne passe pas un peu rapidement sur le rôle qu’ont joué les mages. Ils font partie des personnages bibliques qui m’intriguent beaucoup et me fascinent un peu.

    Je pense qu’ils étaient sages, au sens « savant » du terme. Ils étaient probablement érudits, scientifiques, astronomes/astrologues, devins et avaient sans doute des pratiques idolâtres et occultes. Toujours est-il qu’ils connaissaient les textes hébreux et les prophéties au sujet d’un roi à venir.
    On peut se demander qu’est-ce qui les a poussés à parcours plusieurs centaines de kilomètres à travers le désert jusqu’à Jérusalem, puis Bethléem. Le besoin de « valider » leurs hypothèses au sujet de l’étoile (ou de la comète 😉 ) ? La hâte de venir adorer le nouveau-né ? Faire un geste politique en venant d’un autre pays pour féliciter le futur roi ? Nul ne le sait vraiment.
    Si leurs intentions étaient surement bonnes, je me demande si leur venue ne révèle pas autre chose : Satan ne se serait-il pas servi des mages pour tenter pour la première fois d’éliminer Jésus ?
    Avant d’arriver à Bethléem, les mages arrivent d’abord à Jérusalem et demandent à tout le monde « où est le roi des Juifs qui vient de naître ? ». La rumeur se répand dans toute la ville et arrive, probablement quelques jours après, jusqu’aux oreilles d’Hérode, dont les prêtres confirment la rumeur en se rappelant des prophéties.
    C’est donc à cause des mages que Hérode (et tout Jérusalem avec lui) est au courant de la naissance du roi. Et c’est parce que les mages ont été avertis des intentions d’Hérode dans un rêve, que celui-ci ordonne un peu plus tard le massacre des nouveaux nés de la région de Bethléem.
    Ma conclusion :
    – Le diable s’est servi des mages pour tenter de contrecarrer le plan divin. Mais Dieu les avertis dans un rêve, ils l’écoutent et la vie de Jésus ainsi que le plan du salut pour l’humanité sont préservés.

    – D’un côté les bergers, des gens simple et au bas de l’échelle sociale, sont honorés par Dieu (cf. l’article sur les renversements de Noël). De l’autre, des hommes riches et savants se prosternent devant Jésus et lui offrent des cadeaux prestigieux. Ne serait-ce pas le signe qu’à la fin, tous les hommes, mêmes puissants, reconnaîtrons que Jésus est Seigneur ?

    – C’est un bouleversement total pour la religion juive et ses prêtres qui n’ont pas su interpréter les signes de la venue de Christ, qui est annoncée de manière inattendue, d’abord à des gens simples (les bergers) et des étrangers païens (les mages).

  • bibletude .org

    On pourrait ajouter que la Bible ne dit pas combien il y avait de mages, ni leurs noms (Melchior etc.), ces informations figurant dans des textes apocryphes. Et que c’est à cause d’eux que le massacre eut lieu (ils ont révélé la naissance de Jésus à Hérode).

    • Merci Bibletude (j’imagine que tu as un vrai nom aussi)! Effectivement, c’est quelque chose qu’on oublie parfois de relever, même si les conséquences ne sont pas a priori graves (je pense au nombre de mages).

      Par contre, je ne suis pas sûr de saisir ton deuxième point. Pourquoi est-ce important de parler du massacre lié aux mages?

    • Merci Bibletude (j’imagine que tu as un vrai nom aussi)! Effectivement, c’est quelque chose qu’on oublie parfois de relever, même si les conséquences ne sont pas a priori graves (je pense au nombre de mages).

      Par contre, je ne suis pas sûr de saisir ton deuxième point. Pourquoi est-ce important de parler du massacre lié aux mages?

      • bibletude .org

        Je m’appelle Michel

        Le fait qu’ils soient responsables de ce qu’on appelle communément « la mort des innocents » démontre qu’ils ne sont pas si sages que cela (il est même probable – mais en est-on sûr ? – qu’ils étaient astrologues).

  • Damien

    Et aussi que pendant plus de 2 siècles les chrétiens n’ont pas fêté Noël, et que la date a été calée sur une fête païenne… Ce ne sont pas que des détails il me semble, même si bien sûr il est bon de méditer sur la naissance du Sauveur (dans l’absolu).

    • Bonjour Damien, merci pour ta visite sur mon blog et d’avoir pris le temps de réagir. Chaque année, l’origine « païenne » de la date de Noël (voir de la fête elle même) est débattue.

      Il faudrait que tu expliques pourquoi ça ne te semble pas que des détails.

      Ma position est simple et pragmatique: on n’a pas besoin de fêter Noël, mais c’est une superbe occasion de prêcher la Bonne Nouvelle. Noël offre de nombreuses occasions pour fêter la naissance de Jésus différemment et d’inviter ses amis à des cultes, des clubs pour enfants, ainsi que faire connaissance avec ses voisins a travers des petits cadeaux, assiettes de cookies, etc.

      J’avoue ne pas avoir peur un seul instant des origines païennes des choses. C’est un éternel débat sur Christ et la culture.

    • Bonjour Damien, merci pour ta visite sur mon blog et d’avoir pris le temps de réagir. Chaque année, l’origine « païenne » de la date de Noël (voir de la fête elle même) est débattue.

      Il faudrait que tu expliques pourquoi ça ne te semble pas que des détails.

      Ma position est simple et pragmatique: on n’a pas besoin de fêter Noël, mais c’est une superbe occasion de prêcher la Bonne Nouvelle. Noël offre de nombreuses occasions pour fêter la naissance de Jésus différemment et d’inviter ses amis à des cultes, des clubs pour enfants, ainsi que faire connaissance avec ses voisins a travers des petits cadeaux, assiettes de cookies, etc.

      J’avoue ne pas avoir peur un seul instant des origines païennes des choses. C’est un éternel débat sur Christ et la culture.

      • Damien

        Merci pour ton retour Stéphane
        Oui c’est un long débat… Oui on pourrait dire que toute occasion est « bonne » pour annoncer la Bonne nouvelle, et que celle-ci semble très propice. Mais en fait 3 choses m’embêtent quand même :
        – Pourquoi faut-il une « occasion spéciale » pour annoncer la bonne nouvelle ? L’Évangile n’est-il pas en lui-même une puissance toujours à disposition ? Et est-ce que les fêtes « chrétiennes » ne sont pas à la base pour « les chrétiens » ? (on peut avoir la même réflexion pour le baptême qui est souvent présenté comme un témoignage pour les non-chrétiens).
        – Autre chose, mais qui est directement en lien avec la première : cette fête de Noël, de par son origine, le contexte dans lequel elle est fêtée maintenant (autour de l’argent roi et de la surconsommation) et ce qu’elle évoque pour beaucoup (juste une tradition qui rappelle de bons souvenirs d’enfance) ne me semble pas appropriée. En fait c’est comme si on édulcorait la puissance de l’Évangile pour que ça passe bien dans le monde : les inviter à un spectacle, etc. Mais l’Évangile est tellement plus que ça.
        Finalement ce n’est pas tant la question de savoir s’il faut fêter ou pas, du moment que c’est pour le Seigneur (selon Rm14) mais quel est le sens de cette fête ? Et est-elle légitime au regard de tout ce contexte ?
        Si nous voulons célébrer des fêtes, il me semble que les « Fêtes de l’Éternel », données dans l’AT, et pour certaines accomplies dans le NT, seraient plus appropriées.
        Merci en tout cas pour ces échanges 🙂