BibleArc.com: Un superbe outil d’exegèse… en français!

Vous vous êtes déjà demandé comment faisait John Piper pour voir tant de points pertinents dans le texte biblique? Moi oui, et souvent. Figurez-vous que Piper utilise une méthode appelée « arcing ». C’est tellement simple que Piper dit que certains trouvent ça infantile, mais il continue à l’utiliser tellement ça lui est utile. Figurez-vous qu’un site web proposant la méthode existait depuis des années. Mais depuis hier, le site à été traduit en français (et pas besoin de connaître le grec)!

bible-arc-francais

Où commencer?

Visitez l’article français présentant BibleArc. Le site propose aujourd’hui bien plus que juste la méthode d’étude de la Bible « arcing ». Préparez-vous donc à trouver plein d’outils. Vous pouvez aller directement sur BibleArc.com et commencer à découvrir.

C’est quoi l’arcing?

Ceci n’est que ma petite définition:

« L’arcage » (pour créer un mot qui sonne français) est une technique qui permet d’appréhender le fil de la pensée d’un texte biblique. La méthode est simple. Ça consiste à découper un texte biblique en petites phrases (des éléments logiques) afin de les recoller ensemble avec des arcs qui définissent les liens entre les phrases. Par exemple, « est-ce que cette phrase sert d’argument à la thèse exposée dans la suivante? » ou « A-t-on affaire ici à une illustration de l’idée de la phrase précédente? » En bref, utiliser cette méthode nous aide à nous arrêter sur le texte, pour voir ce que Dieu dit vraiment.

MA: Fred Mondin

MÀJ à 13h:

« Christaudin » a fait la remarque dans un commentaire:

le bémol, c’est qu’il n’y a que deux versions de la Bible en français, la NBS et la Bible annotée.

J’ai voulu lui répondre avec une photo. Mais elle ne passait pas dans les commentaires. La voici donc:

Christaudin, tu peux toujours utiliser un autre version de la Bible en faisant un copier-coller. Voici une capture d’écran qui montre où le faire pour l’arc. Tu peux avoir deux traductions dans ton arc ou une seule (je n’ai pas fait le test si ça fonctionne maintenant avec uniquement ta traduction, normalement, ce n’est pas possible).

Tu peux donc utiliser la NBS + la traduction de ton choix. Le choix des traductions dans l’arc se fait au moment de choisir ton passage biblique:

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Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Mari de Hanna. Papa de Noah et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Stéphane est le pasteur principal d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy à 15 minutes de l'aéroport de Lyon St-Exupéry. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Avec Hanna, il a fondé ChezCarpus.com, une librairie chrétienne de livres d'occasion. Il aussi créé plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).Découvrez ici les articles qu'il vient de publier sur son blog.

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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17 thoughts on “BibleArc.com: Un superbe outil d’exegèse… en français!

  1. christaudin dit :

    Super bonne nouvelle !! Je l’ai découvert hier et j’allais transmettre un courriel à Stéphane…mais tu as été plus rapide que moi.

    Concernant la méthode « arcing » rien à dire, c’est du Piper. Un peu difficile pour le débutant que je suis mais tellement enrichissant….mais le bémol, c’est qu’il n’y a que deux versions de la Bible en français, la NBS et la Bible annotée.

    De plus, les commentaires de la NBS Bible d’étude me laissent très perplexe:
    – exemple sur Génèse 1,1 pourquoi penser que l’on parle d’un vent violent (rouah en hébreu) et pas de l’Esprit de Dieu ??!!

    Pour ceux qui connaissent et qui ont la Bible papier, il suffit de s’y référer pour voir l’approche théologique du comité d’édition de cette Bible. Leur approche se défend mais c’est un paramètre à prendre en compte et je ne suis pas certain que l’équipe de Piper a bien mesuré cela.

    D’ailleurs, à propos que pensez-vous de la NBS (étude) ?

    Pour la Bible annotée, je n’ai pas trouvé les commentaires ?

    Pourquoi ne pas avoir pris la Segond 21, la Bible d’étude Vie Nouvelle, une histoire de droits peut être ?

    Quoiqu’il en soit, MERCI pour l’info.

    1. Bonjour Christaudin,

      Tu peux toujours utiliser un autre version de la Bible en faisant un copier-coller. Voici une capture d’écran où le faire pour l’arc. Tu peux avoir deux traductions dans ton arc ou une seule (je n’ai pas fait le test si ça fonctionne maintenant avec uniquement ta traduction, normalement, ce n’est pas possible).

      Tu peux donc utiliser la NBS+ la traduction de ton choix.

    2. PPS. C’est toujours une bonne idée de nous transmettre ce genre d’infos. Là on a eu de la chance d’avoir l’info avant toi. Mais on ne sait jamais. Merci d’avoir pensé à nous!

    3. fred mondin dit :

      Les commentaires de la Bible annotée n’ont pas été intégrés, car il s’agit de… commentaires. Les responsables de BibleArc privilégient les notes de *traduction*, pour laisser chacun se faire son idée. C’est la raison principale pour laquelle nous avons choisi la NBS qui proposent des notes particulièrement pertinentes. Au plaisir, f*

      1. Merci Fred pour ces explications. Sais-tu pourquoi la Louis Segond 1910 n’a pas été choisie?

  2. J’ajouterais que Biblearc est un des meilleurs outils gratuits pour faire facilement des recherches dans le texte grec ou hébreu.
    Personnellement je trouve que la NBS est une bonne traduction, même si elle est un peu trop littérale et élitiste à mon goût. Mais, pour un outil comme l’ « arcing », il vaut mieux utiliser une traduction très littérale (si on ne lit pas le grec et l’hébreu).

    1. Franck* dit :

      Sauf que le texte NA28 (et SLB, qui se nomme aussi USB4 / USBGNT ou SLBGNT, sont strictement les mêmes textes grecs) qui sont le texte minoritaire le plus corrompu qui soit.
      Je vous invite à lire le petit commentaire du Pr Daniel B. Wallace sur http://danielbwallace.com/2012/12/17/259/, qui est la référence mondiale sur le sujet.
      Il existe aussi le même texte en français sur : http://www.biblelapomme.fr/blp/BLP/Pages-livres/Nestle-Aland.28.La.nouvelle.norme.pdf.
      Quant à la NBS qui a utilisé la NA27 (USB3), dénature la Parole de Dieu à maintes endroits, comme l’Évangile remplacé par « la bonne nouvelle », voir commentaire sur : http://www.biblemartin.com/evangile_traduction.htm.

      Cordialement en Christ-Jésus

      Franck*

      1. Le texte du Nestlé-Aland 28 (qui est repris par la cinquième édition du « Greek New Testament » (UBS5) mais qui est différent du SBLGNT) est le texte grec du Nouveau Testament de référence. Le texte du NA28 (ou de ses éditions précédentes) est utilisé comme texte de base pour la plupart des traductions du NT à travers le monde. Il s’agit de l’édition éclectique du NT la plus sérieuse qui existe à ce jour. C’est la seule édition moderne a avoir pris le temps de consulter et de répertorier les milliers de manuscrits du NT disponibles à ce jour, pour établir ce qui, selon des règles scientifiques, est le texte original le plus probable. De plus, le texte est accompagné de notes importantes indiquant les variantes entre les manuscrits. Cela permet aux traducteurs ou exégètes de ne pas toujours suivre le texte du NA28 lorsqu’ils n’ont pas le même avis sur la reconstitution du texte original.

        Grâce à ce travail titanesque, nous pouvons nous réjouir d’avoir, à mon avis, le texte grec du NT le plus fiable qui n’ait jamais été établi (à part celui des auteurs bibliques eux-mêmes, bien sûr !). Cela ne veut pas dire que la reconstitution n’est pas discutable sur certains détails : la critique textuelle est une science complexe dont les paradigmes peuvent évoluer au fil des discussions entre spécialistes. De plus, on peut espérer que ce travail continuera de s’affiner au fil des recherches et des travaux de ceux qui, à travers le monde, travaillent sur les manuscrits anciens du NT.

        Le commentaire cité de Daniel B. Wallace (qui est un bon spécialiste du NT mais pas forcément « la » référence) est, en langage académique, une évaluation positive du NA28 [c’est ce qu’en disent aussi d’autres spécialistes ici : http://evangelicaltextualcriticism.blogspot.fr/2012/12/daniel-wallace-reviews-na28.html ] . D’ailleurs Daniel B Wallace, comme tout spécialiste du NT, utilise le texte du NA27/UBS4 pour sa grammaire de Grec du Nouveau Testament (http://books.google.ca/books?id=XlqoTVsk2wcC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false).

        Quant à traduire « euaggelion » par « bonne nouvelle », c’est un choix de traduction qui se justifie puisque c’est le sens premier du mot grec. Certes, on voit bien que ce terme a un sens technique dans le NT, et qu’il ne désigne pas n’importe quelle « bonne nouvelle » mais bien la « Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ». Toutefois, « Evangile » n’est pas une traduction, mais une transcription du mot grec ; et c’est donc discutable de créer un nouveau mot en français pour traduire un mot courant en grec. A mon avis, la meilleure traduction est celle de la Semeur, Français Courant ou Parole de Vie qui traduisent par « Bonne Nouvelle » avec des majuscules.

        Bien fraternellement

        1. Je me disais aussi que Wallace semblait plutôt positif! 🙂

        2. Franck* dit :

          « Le texte
          Nesle-Aland 28 (et précédents),
          est le même texte grec que
          celui de la SBLGNT ».

          Un peu de précision est nécessaire
          :

          N.A correspond à Nesle-Aland,
          UBS ou UBSGNT correspond
          à « United Bible Society » et à « Greek New
          Testament »,

          SBLGNT correspond à « Society of
          Biblical Literature » et à « Greek New Testament ».

          Voir
          : http://www.sbl-site.org

          / et notament :
          http://www.sbl-site.org/educational/BibleTexts_nologin.aspx.
          Et en
          français
          :
          http://www.biblelapomme.fr/blp/BLP/Pages-livres/SBL_Ressources.pdf.

          [Voir
          aussi sur « Top Bible » qui utilise une variante du même
          logiciel.

          Le copyright en fin de chapitre du texte grec sur
          :
          http://www.topchretien.com/topbible/1-jean.5.14/S21,ORI/
          ©
          2010 by the Society of Biblical Literature & Logos Bible
          Software-sblgnt.com].

          Ces trois appelations NA/UBS et SLB
          cachent le même texte grec recomposé de l’United Bible Society (à
          quelques infimes détails pour la SLB), qui travaillent à créer un
          texte grec épuré qui effacerait les différences entre Catholiques,
          Protestants et Orthodoxes.

          Je vous conseille de lire le
          documentaire de Claude Lamontagne :

          http://www.biblelapomme.fr/blp/BLP/Pages-livres/la.corruption.des.ecritures_Claudes_Lamontagne_2000.pdf.

          La
          Deutshe Bibelgesellschaft (Institut Biblique Allemande) et
          « Academic-bible.com » (même logo) travaille aussi avec eux,

          ils expliquent que l’USB est la version d’étude de la NA.
          Prétendre qu’il s’agit de l’édition éclectique du NT la plus
          sérieuse qui existe à ce jour,

          est tout simplement une
          tromperie intellectuelle.

          Allez expliquer les portions de
          textes qui ne se trouve dans aucun texte grec retrouvé, mais qui
          existe dans la NA (l’UBS et la SBL) ?

          Allez expliquer qu’en
          Jude 1.5, Seigneur (Kurios) est remplacé par Jésus (Ihsous) (sur
          NA/UBS/SLB) ?

          Allez expliquer les mots « Sang »,
          « Christ » et « Jésus » qui ont disparu du texte (si
          ce n’est des phrases entières).
          Et prétendre que : pour établir
          ce qui, selon des règles scientifiques, « est
          le texte
          original le plus probable ».

          Quelle confusion ! La « PAROLE
          de Dieu » n’est plus sa parole si elle est « établit »
          par des hommes, selon des règles pseudo scientifique, elle devient
          alors « Probable »; la parole de Dieu ne peut être sujette à
          interprétation.

          Nombre d’humanistes, de chercheurs, de
          croyants sincères des siècles passés, et de nombreux pays, se sont
          appliqués à l’étude sincère des textes anciens de leur époque
          qui se dénombraient à plus de 4000 sur les 5838 recencés
          actuellement.
          Lire :
          http://www.biblelapomme.fr/blp/BLP/Pages-livres/5838_Manuscrits.pdf

          Scrivener
          en comptabilisait déjà plus de 3000 à son époque.
          Sur les
          5838 textes, seuls 1 à 2 % sont utilisés pour baser la critique de
          l’UBS, la NA et l’UBS ? Soit moins de 117 portions de manuscrits sur
          5 838.

          Vous appelez cela « le texte grec du NT le plus
          fiable » ?

          Quant aux évaluations dites positives du site

          http://evangelicaltextualcriticism.blogspot.fr/2012/12/daniel-wallace-reviews-na28.html,

          les
          commentaires de Maurice A. Robinson et Brian Jones sont des
          critiques. Et quant à l’évaluation du Daniel B. Wallace, ne pas y
          voir une critique objective, serait-ce de la mauvaise foi ?

          Pour
          ce qui est d' »euaggelion » traduit par « bonne
          nouvelle ».
          Si je vous annonce : « cette bonne nouvelle
          que je vous aime »,
          je ne vous annonce pas l’Evangile de
          Christ pour autant.

          C’est aussi simple que cela.

          En
          comparaison, nous pourrions aussi dire que, par exemple « Stauros »
          : Croix, n’est pas une traduction, mais une transcription du mot
          grec.
          Stauros, en effet, veut dire d’abord poteau ou barrière.

          Alors pourquoi ne pas enlever aussi la Croix comme le font
          les témoins de Jéhova ?
          La Bible est pleine d’allusion et de
          sens spirituel de ce type, mais seule l’inspiration et le
          discernement spirituel permet d’en comprendre le
          vrai
          sens.

          Cordialement
          en Christ, Jésus

          Franck*

          1. Bonjour Franck,

            Vous évoquez deux problématiques importantes : celle qui consiste à savoir quel était le texte original ; et celle de la traduction de ce texte original.

            Je vais essayer de répondre à la première, celle de la question du texte original : pour plus de simplicité, je me limiterais à la question du texte du NT (c’est encore plus compliqué pour l’AT).

            Je vous encouragerais tout d’abord à étudier un peu plus les méthodes que vous critiquez. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec certaines méthodes de la critique textuelle, mais si vous souhaitez que votre critique soit recevable, il faut étudier ces méthodes par elles-mêmes et pas seulement lire les écrits de ceux qui les contestent.

            Pour un point de vue proche du mien, je vous renverrai à l’article de Théologie Evangélique : http://www.flte.fr/pdf/pdf208.pdf?PHPSESSID=8d53d52ac8f41c0c8ed38e8499094d0d

            Je crois que nous sommes d’accord pour dire que ce qui est la « Parole de Dieu » ce sont les manuscrits originaux que les auteurs bibliques (Paul, Pierre, Luc, etc.) ont rédigé (et non pas telle traduction française ou tel manuscrit grec du 10ème siècle). Le problème, c’est que nous n’avons pas accès à ces manuscrits écrits par Paul, Pierre ou Luc : les manuscrits originaux (ou « autographes ») ne nous sont pas parvenus.

            Par contre, nous disposons de milliers de copies de copies de copies anciennes du NT datés pour certains fragments jusqu’au 2ème siècle. Or, quand on compare les divers manuscrits, on constate qu’ils ne sont pas strictement identiques. Et cela est d’autant plus vrai lorsqu’on compare les manuscrits les plus anciens. La question que se pose tout croyant qui cherche à connaître le texte de « la Parole de Dieu », c’est donc : comment savoir quel était le texte original ?

            On pourrait répondre à cette question à la manière des musulmans : « la Parole de Dieu a été falsifiée, mais son vrai texte a été révélé à Mahommet ». Ainsi, on pourrait consulter les manuscrits et invoquer le Saint-Esprit pour qu’il nous révèle quel est le « vrai texte »…

            Ou alors, on pourrait répondre en disant que le Saint-Esprit souhaite collaborer avec l’intelligence que Dieu nous a donné ; et donc dire : réfléchissons pour essayer de discerner quel est le texte original le plus « probable » parmi les nombreux manuscrits dont nous disposons. C’est ce que vont faire les spécialistes de la « critique textuelle » : ils vont regarder les différents manuscrits pour chaque verset, et essayer de comprendre d’où viennent les différences. Ils vont alors faire des hypothèses et proposer le texte original le plus probable à leurs yeux. Ces hypothèses seront ensuite examinées et éventuellement critiquées par d’autres spécialistes ; qui à leur tour, pourront faire d’autres propositions. Il ne s’agit absolument pas d’un travail nouveau, puisque les Pères de l’Eglise étaient déjà confrontés à ces mêmes problématiques.

            Ce travail communautaire, que je crois être conduit par le Saint-Esprit, a permis de diminuer grandement le nombres d’hésitations au sujet du texte original. Et heureusement, les hésitations restantes ne concernent que quelques rares passages qui n’affectent pas la compréhension de la « Parole de Dieu » dans son ensemble.

            Le texte du Nestlé-Aland 28 (repris par l’UBS5) ne sort pas donc pas de nulle part : il s’appuie sur les travaux de nombreux croyants qui ont travaillé sur le sujet au fil des siècles. De plus, comme je l’ai déjà dit, le NA28 est un outil de travail : pour chaque problème de critique textuelle, il indique en note les variantes trouvées dans les manuscrits. De telle sorte que l’on peut soi-même se faire son propre avis concernant telle ou telle proposition.

            Le NA28 est l’édition grecque du NT qui est la plus étudiée, la plus discutée mais aussi la plus critiquée. Or, même s’ils ne sont pas d’accords sur telle ou telle proposition du NA28, presque tous les spécialistes français que je connais (de tous bords) sont d’accords pour dire qu’il s’agit du meilleur texte grec existant.

            Enfin, les éditeurs du NA28 ne font pas un travail « caché » puisqu’ils expliquent clairement leurs méthodes de travail. Ils sont ouverts à la critique puisqu’ils dialoguent avec les spécialistes à travers le monde, et révisent régulièrement le texte de « Nestlé-Aland ». De plus, il est aujourd’hui possible d’aller vérifier soi-même les 5000 et quelques manuscrits du NT consultés par les éditeurs, car ils ont été photographies et les images sont rendues accessibles en ligne par ceux qui travaillent à l’édition du NA28 : http://ntvmr.uni-muenster.de/manuscript-workspace .

            On a donc un travail totalement sérieux et en « open access » (à condition de lire le grec).

            Faire un tel travail est, à mon avis, la meilleure réponse à ceux qui pourraient dire que la Parole de Dieu a été falsifiée. Nous pouvons dire aujourd’hui : le texte qui sert de base à la plupart de nos traductions est un texte fiable, et c’est scientifiquement prouvé !

            Pour prendre un exemple concret, que vous citez, celui de Jude 5 : le NA28 (suivi par le SBLGNT) propose de lire « Jésus » là où l’édition précédente (NA27) lisait « Seigneur ». Cela peut paraître surprenant que le texte dise que « Jésus a fait sortir son peuple d’Egypte ». Bien entendu, les deux propositions sont attestées par des manuscrits anciens ! Si vous regardez les notes du NA28, vous verrez d’ailleurs que les manuscrits proposent une bonne dizaine de lectures différentes pour cette partie du texte. Il y a plusieurs raisons au choix du NA28. Je pense que l’argument principal retenu par les éditeurs est celui du principe de la « leçon la plus difficile (lectio difficilor) » : il s’agit de retenir la lecture la plus improbable parmi celles trouvées parmi les manuscrits. Pourquoi ? Parce qu’un copiste aura plus tendance à corriger une affirmation qui lui semble surprenante, alors qu’on comprendrait mal qu’il ait inséré une difficulté là où le texte original est clair. Ici, on comprendrait mal pourquoi un copiste aurait corrigé « Seigneur » (désignation courante de YHWH dans la traduction grecque de l’AT) par « Jésus » en rapport avec la sortie d’Egypte. Par contre, si le texte original affirme que « Jésus » a fait sortir son peuple d’Egypte, cela est surprenant ! Et du coup, on comprend bien que les copistes aient voulu corriger ce qui leur semble improbable.
            Bien entendu, le choix du NA28 a dû faire couler beaucoup d’encre !

            Bien fraternellement

          2. Merci au fait Timothée d’avoir pris le temps de contribuer si richement à la discussion. C’est précieux!

          3. De rien ! Je prépare d’ailleurs une petite série d’articles où je reprendrai ces questions de traduction et de texte original du Nouveau Testament. Je partirai pour cela de la révision de la Bible que vient de publier le pasteur (très) controversé Shora Kuetu sous prétexte que nos traductions modernes seraient corrompues.

  3. Nico dit :

    Je ne savais pas qu’il existait un mot anglais pour décrire cette méthode qui semble utilisée par les linguistes depuis un certain temps : en français on appellerait cela une « analyse de discours ».On en une explication assez complète dans « Les sciences du langage et l’étude de la Bible » de Sylvain Romerovski, et cette méthode d’analyse fait partie de son cours d’herméneutique qu’il donne chaque année à l’Institut Biblique de Nogent.

  4. fred mondin dit :

    Concernant les versions bibliques françaises, Andy (resp. de BibleArc) recherche qq. un de Biblica avec qui il pourrait négocier l’insertion de la Bible du Semeur. Si vous connaissez quelqu’un. Ou si vous avez un contact pour une autre version, merci de me le dire en commentaire. Au plaisir, fred*

    1. Toujours rien de mon côté. Mais j’attends des réponses de deux contacts. Je te tiens au courant si ça donne qqch.

  5. Yves Bouvier dit :

    Bonjour j’aimerais trouver un exemple COMPLET d’arcing en français, j’ai bien compris le découpage, ( j’ai trouvé un exemple d’arcing en anglais, mais juste le schéma final). J’aimerais donc lire maintenant un commentaire final d’un schéma, (ce doit être dans toutes les vidéos mais comme elles sont en anglais elles sont absconses pour moi). Bref un exemple en français de découpage et de l’herméneutique que l’on peut tirer du texte avec cette méthode d’arcing. Merci d’avance.

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