Les 14 étapes d’un conflit d’Église

Les conflits d’Églises sont une plaie dans nos assemblées et malheureusement bien trop fréquentes. Cette liste de Mike Minters résume bien l’escalade d’un conflit et sert d’auto-évaluation pour savoir où on en est dans le nôtre. On voit aussi plus facilement ce qu’il faudrait éviter pour ne pas passer à l’étape suivante.

L’escalade d’un conflit d’Église

  1. Une offense a lieu.
  2. Une version biaisée des faits est partagée avec des amis.
  3. Les amis s’en mêlent.
  4. Des partis se forment.
  5. La suspicion se développe de chaque côté.
  6. Chaque côté cherche des preuves pour confirmer ses suspicions. Vous pouvez être sûrs qu’ils en trouveront.
  7. Des affirmations exagérées ont lieu.
  8. Dans le vif du conflit, les partis impliqués entendent des choses qui n’ont jamais été dites et disent des choses qu’ils regrettent d’avoir dites.
  9. Un troisième parti, même bien intentionné, ne peut jamais communiquer de façon fiable des informations entre les deux partis offensés.
  10. De vieux dossiers, sans relation aucune à l’offense actuelle, apparaissent.
  11. L’intégrité est mise en doute.
  12. Les gens se traitent de menteurs.
  13. Ceux qui essaient de résoudre le problème (ex. les responsables de l’Église) sont critiqués de n’avoir pas suivi la bonne procédure et deviennent le nouveau centre du conflit.
  14. Beaucoup sont blessés.

Cette liste a été créé par Mike Minters et a été publié en anglais sur le blog de 9 Marks (un ministère qui nous a notamment donné en français le livre L’Église: bilan de santé, cf. ma recension ici).

MA: DO

Comment éviter un conflit d’Église?

À la lecture des 14 points de la liste ci-dessus, une chose me frappe. Dans tous les conflits que j’ai vécus en près de 6 ans dans une Église, à chaque fois il y avait un manque de communication flagrant. L’offenseur ne savait pas qu’il avait offensé. L’offensé n’a pas osé demander des explications sur ce qu’il avait cru entendre qui le choquait, ou n’a pas dit combien il était blessé.

Ce n’est pas l’Évangile, mais la règle n°1 de Matthieu Giralt (et de nombreuses organisations) semble être pas mal: « Ne présupposons de rien. »

Si tu es offensé: as-tu dit clairement à la personne que tu étais blessé et pourquoi? As-tu cherché à t’assurer de bien comprendre ce que le pasteur a dit et qui te semblait choquant? As-tu vérifié avec lui s’il avait vraiment dit ça?

D’expérience, l’étape 6 est meurtrière. Les partis n’entendent plus ce qui est dit, mais juste ce qu’ils veulent entendre. Et tout ça aurait pu être évité si, par amour, on ne présupposait de rien et on vérifiait avec l’offenseur le sens du geste, la parole (ou l’absence de geste et de parole, comme quand le pasteur n’a pas dit bonjour un matin).

Cet article a été publié la première fois en septembre 2014.

Que pensez-vous de la liste? Ont-ils oublié quelque chose?

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Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Mari de Hanna. Papa de Noah et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Stéphane est le pasteur principal d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy à 15 minutes de l'aéroport de Lyon St-Exupéry. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Avec Hanna, il a fondé ChezCarpus.com, une librairie chrétienne de livres d'occasion. Il aussi créé plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).Découvrez ici les articles qu'il vient de publier sur son blog.

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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6 thoughts on “Les 14 étapes d’un conflit d’Église

  1. luc perret dit :

    Parler moins !!! ? Je ne suis pas du tout d’accord…
    > Parler avant tout !!! mais Mieux !!!

    1. Bien vu Luc,

      J’aurais sans doute dû dire: « Ne plus médire, pardonner plus. »

    2. D’ailleurs, j’ai changé la formulation.

  2. Jeremie dit :

    C’est très réducteur : les conflits d’église peuvent avoir moult origines et le point 2 donne la fausse impression que l’origine du conflit est un mensonge. Et parfois le conflit nait d’une offense passée sous silence mais qui n’est jamais pardonnée.

    Je rejoins cependant le commentaire précédent : mieux communiquer permet d’apaiser les tensions dès l’origine du problème. Malheureusement nos églises enseignent plutôt de pardonner de suite et d’oublier au lieu de tenter de régler la situation, comme la bible l’enseigne dans Mathieu 18.

    1. Bonjour Jérémie,

      Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Mais vous n’exagérez pas un peu? « très réducteur », « moult origines »?

      Oui, ce n’est qu’un schéma. Et oui, c’est possible qu’il y ait d’autres origines, mais l’origine du conflit est le point 1 (et non le 2) et ça me semble être généralement l’origine. Je ne vois pas « moult origines ».

      Je concède que dès le point 2, ça peut aller différemment, mais même là, je ne vois pas « moult » options. Soit (1) on n’en parle pas, (2) ou on dit la vérité, ou alors (3) on déforme les faits. N’êtes-vous pas d’accord avec moi que c’est seule la dernière option qui mène à un conflit d’Église? La deuxième désamorce. La première peut repousser le problème à plus loin (à une autre offense généralement, ou la première offense ressort).

      1. Jeremie dit :

        Bonjour, et merci d’avoir pris le temps de répondre à mon message.

        Je précise ma pensée. Les conflits dans les église ont bel et bien moult origines : jalousies, colère, emportement, abus d’autorité, manque de recul face à une situation ou une parole, médisance, mensonge, manque de respect, mépris, adultère dans les cas graves, j’en passe et des meilleures, malheureusement la liste n’est pas plus différente de ce qu’on pourrait trouver dans n’importe quel article relatant un fait divers local. Et encore, je me dois de rajouter dans cette liste les discordes théologiques qui ont pour origine toutes les différentes dénominations. Pour autant, dans mon premier commentaire, le « très » était peut-être exagéré, je le conçois.

        Vous avez raison : le point 2 peut comporter trois voies différentes. A considérer que l’origine est une offense, évidemment : soit l’on en parle pas, et c’est à celui qui est offensé de gérer la situation comme il le veut, en espérant que ce soit conforme à la Parole. Soit il dit la vérité à ses proches et amis, et il a tout intérêt à aller parler avec la personne qui l’a offensé, en espérant qu’il l’écoute (Mathieu 18). En général, dans cette situation, celui qui déforme les faits est celui qui a offensé, mais ce n’est qu’une généralité.

        Mais les trois peuvent produire un conflit si au moins une des deux personnes n’est pas dans un état d’esprit nécessaire pour faire redescendre la pression. En bref, si au moins une des deux personnes n’a pas en elle le fruit de l’esprit, il y a un grand risque d’escalade, et personne n’est épargné, pasteurs et anciens y compris.

        Votre vision du problème est, je serais tenté de dire, idéaliste. Malheureusement le coeur humain est beaucoup trop tortueux pour correspondre à votre schéma.

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