LIVRE La méditation biblique à l’ère numérique : une expérience à vivre

J'aime les petits livres qui sont bien écrits, profondément bibliques et qui tapent fort. La méditation biblique à l'ère numérique de Dominique Angers fait tout ça. Voici une recension d'un livre qui mérite notre attention.

Méditation biblique à l'ère numériqueDominique Angers, professeur à l’Institut biblique de Genève propose de nous faire découvrir la méditation biblique et explique comment elle peut se vivre dans la frénésie et les distractions de notre époque. Si vous n’êtes pas convaincu du besoin d’un tel livre, il suffit de regarder combien de fois vous serez distrait durant la lecture de cet article.

But du livre: La méditation biblique à l’ère numérique

La méditation biblique à l’ère numérique, publié aux éditions Farel aborde deux phénomènes de notre société: La révolution numérique et la méditation. La révolution numérique est un bouleversement du monde de l’information et un progrès technologique effréné. La méditation est une réaction à ce brouhaha numérique, une recherche de calme et de bien-être. Mais derrière la mode de la « méditation » on trouve un peu tout et n’importe quoi, même parmi ceux qui se disent chrétiens. Dominique Angers définit clairement la vraie méditation biblique et la décrit de manière à nous donner envie d’en devenir des « pratiquants » assidus.

Public du livre et mon avis pour ceux qui ne liront pas le reste de la recension

Les mots sont visiblement comptés dans ce petit livre de 64 pages qui se lit facilement. Mon exemplaire en ressort souligné de partout. De plus, de nombreuses bonnes citations enrichissent l’argumentation de l’auteur. C’est un livre tout public. Certains chapitres seront particulièrement utiles pour un jeune chrétien (voir ci-dessous mon résumé du chapitre 5), mais tout chrétien connecté à internet ou utilisant les technologies de communication sera béni par les réflexions que suscitent ce livre.

L’impact du livre est réel. Mon désir de méditer la Bible a grandi et j’ai pris des mesures concrètes pour être plus souvent dans la Parole de Dieu et moins contrôlé par Internet et les technologies. Par exemple, après des années de la Bible en un an, je ne me concentre que sur des textes à méditer chaque matin. Je m’impose aussi des jeûnes technologiques certains jours de la semaine.

Est-ce que je recommande le livre? Oui, tout a fait. Pour ceux qui n’ont pas besoin d’en savoir plus et veulent courir acheter le livre, La méditation biblique à l’ère numérique est disponible sur Amazon et la MB, ainsi qu’en format Kindle (4€). Pour ceux qui veulent en savoir plus, je propose dans le reste de cet article un résumé du livre et quelques critiques. Je termine par une conclusion où je suggère comment profiter au maximum de votre lecture de cet excellent petit livre.

Résumé du livre: La méditation biblique à l’ère numérique

Dans un premier temps, Angers nous introduit à la méditation biblique et montre qu’elle est tout le contraire de la méditation bouddhiste. Cela lui permet de définir la méditation biblique ainsi: «Méditer la Bible, c’est réfléchir, avec le secours du Saint-Esprit, à ce qu’elle affirme et à ce que cela implique pour nous.» Il termine la première partie du livre en observant les conséquences de la révolution numérique. Il relève 3 facteurs qui réduisent notre capacité de méditer et 7 ennemis qui s’attaquent à notre désir de méditer.

Il passe ensuite le reste du livre à essayer de nous donner l’envie et les moyens de méditer la Bible. Il commence en nous montrant que la méditation n’est pas juste la cerise sur le gâteau de la vie chrétienne. C’est la méditation biblique qui permet d’expérimenter au quotidien la présence de Dieu. Pour nous donner envie de vivre la méditation au quotidien, il nous fait découvrir 6 «secrets bien gardés» de la méditation biblique. Il nous rappelle aussi que la méditation n’est pas une fin en soi, mais un moyen de centrer notre vie sur Dieu, de le connaître, de grandir et – au sens biblique du terme – de réussir notre vie.

Une fois que l’auteur nous a pleinement convaincu qu’on devrait vouloir méditer, il offre des conseils et des pistes pour savoir comment méditer. A noter en particulier un chapitre (ch. 5) de six pages intitulé: «Méditer pour comprendre, comprendre pour méditer». Ce chapitre contient une introduction à l’exégèse (deux pages) et à la théologie biblique (une grande trame de toute la Bible en deux pages), tout en évitant d’utiliser les mots « exégèse » et « théologie biblique » et tout autre terme qui risquerait de nous faire penser que c’est un sujet réservé aux experts!

Est-ce que je vois des choses à reprocher au livre?

Si j’avais une critique à faire ce serait que le livre est un peu trop court. En tout cas, trop court pour couvrir toute la matière que l’auteur s’est fixé. Je n’essaie pas ici de formuler une fausse critique qui ne serait en réalité qu’un vrai compliment. L’argumentation a véritablement été affaiblie par endroits, où on remarque que l’auteur a manqué de place. Certaines exhortations auraient pu être plus longues. Certaines argumentations plus étayées. Deux exemples pour illustrer cela.

  1. Pour expliquer la notion de méditation indirecte[1] Dominique Angers cite Deutéronome 11.18-20. Il dit que dans ce passage «Moïse donne aux Israélites des moyens concrets pour favoriser cette méditation.»  Une note de bas de page explique que les «signes» de Deutéronome sont parfois interprétés littéralement avec des petites boites contenant des textes de la Bible qui doivent être accrochées au front ou sur le bras. Mais Angers n’explique pas quelle est l’interprétation correcte et le lecteur ne comprend donc pas quels sont ces «moyens concrets» que propose Moïse.

  2. Deux passages du chapitre 3 («L’expérience incomparable de la méditation») auraient gagnés en force avec une meilleure argumentation. Dans le premier[2], l’auteur défend la thèse que «la méditation biblique est le « moyen de grâce » fondamental», et qu’elle est «sans contredit le premier moyen de grâce.» Cette affirmation est très forte et on est curieux de voir comment elle sera défendue bibliquement. Mais mise à part Matthieu 4.4 («L’homme ne vivra pas de pain seulement, […]»), aucun texte biblique n’est cité pour défendre cette thèse[3]. Plus loin, le passage sur la méditation collective aurait aussi mérité un renforcement biblique[4] D’autant plus que ce point s’adresse à une société extrêmement individualiste, à tel point qu’on ne s’en rend pas compte de l’ampleur de notre égocentrisme.

Conclusion

Attention à ne pas bâcler la lecture de ce livre. Nous sommes une génération en proie aux banalités et aux trivialités quotidiennes sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux.

Ce livre de Dominique Angers est là pour qu’on réfléchisse sérieusement à notre engagement chrétien. Je prie que ce livre bénisse beaucoup de chrétiens en nous faisant réaliser que notre méditation quotidienne de la Bible est bien plus qu’une histoire de personnalité, de goûts ou de préférences. C’est une histoire de vie ou de mort pour nous, et pour moi le premier qui perds des centaines d’heures sur des banalités.

Nous lisons trop souvent pour oublier, sans prendre des mesures concrètes pour grandir là où des faiblesses ont été révélées. Mais l’application nous appartient, par l’aide de Dieu. Prenons des résolutions concrètes et radicales à la lecture de La méditation biblique à l’ère numérique et parlons-en à un ami pour être redevable. Ce livre peut nous faire un grand bien.

La méditation biblique à l’ère numérique est en vente aux éditions Farel, ainsi que sur Amazon, la MB et en format Kindle (4€). Curieusement, je ne le trouve pas sur iBooks d’Apple. Bien sûr, il est disponible dans toute bonne librairie. A noter: Myriam a aussi écrit une recension du livre. C’est toujours utile d’avoir un second avis.


[1] p.13

[2] p.30-32

[3] L’auteur cite d’autres textes dans ce passage (Lamentations 3.21-23 et Romains 8.32), mais ils illustrent la grâce de Dieu et ne sont pas là pour étayer la thèse que la méditation de l’Écriture est « sans contredit le premier moyen de grâce.»

[4] p. 35-37 Il nous est rapporté des témoignages de personnes qui trouvent bénéfiques des moments en communauté à étudier la Bible, mais par d’arguments pourquoi la méditation biblique est avant tout communautaire.

Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Mari de Hanna. Papa de Noah et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Stéphane est le pasteur principal d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy à 15 minutes de l'aéroport de Lyon St-Exupéry. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Avec Hanna, il a fondé ChezCarpus.com, une librairie chrétienne de livres d'occasion. Il aussi créé plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite). Découvrez ici les articles qu'il vient de publier sur son blog.

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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