Recension de « Comprendre Genèse 1-11 aujourd’hui » de Matthieu Richelle

J’ai découvert récemment que Laurent de la Rébellution avait posté sur Facebook son avis sur l’ouvrage de Matthieu Richelle: Comprendre Genèse 1-11 aujourd’hui, Édifac 2013. Comme c’est un livre avec du bien et du moins bien, et qu’on en parle pas assez, je lui ai demandé s’il souhaiterait développer son point de vu dans une recension critique.

La suite donc de cet article est donc sa recension de Comprendre Genèse 1 à 11 aujourd’hui. Si vous souhaitez réagir à ce qui suit, postez un commentaire et nous ferons en sorte que Laurent visite le blog pour vous répondre.

I. Mes convictions personnelles

Pour être clair, j’écris cette recension en tant que tenant de l’interprétation analogique des jours de Genèse 1 (cf. Vern Poythress, C. John Collins, lire Redeeming Science), d’un Adam et d’une Chute historiques, de l’origine commune de l’humanité entière en Adam, de l’infaillibilité de la Bible et de l’historicité de Genèse (vrais personnages, vrais événements, récits chronologiques…) dans son entièreté. Pour moi ce qui est essentiel pour un chrétien d’affirmer, c’est l’historicité d’Adam, mais pas seulement, aussi son statut d’ancêtre de toute l’humanité. Sans cela, la doctrine du péché originel tombe à l’eau, et avec l’Evangile qui en est le remède. Je développe ce point plus loin.

Cependant je suis indécis sur l’âge de la terre et sur la mort animale avant la Chute :

Sur l’âge de la terre parce que je suis au moins sûr que la Bible ne semble pas se prononcer sur ce sujet comme je vois les jours de Genèse 1 comme étant analogiques, des « jours de Dieu » dont on ne peut connaître la durée, autant que celui du 7ème jour et non des jours de 24h. Ce serait donc à la science (la géologie, la physique et la chimie) de trancher. Domaines que je n’ai pas encore pris le temps d’étudier.

Sur la mort animale je reste en faveur de son absence avant la Chute à cause des passages où des animaux féroces cohabitent avec des animaux gentils (loup/agneau, bœuf) qui semblent indiquer que la mort des animaux est anormale (Es 11.6-8, 65.25). Même si les évolutionnistes proposent des interprétations qui ne sont pas farfelues en soi, je pense que pour trancher il faudrait étudier ces passages dans le contexte global d’Esaïe. Ce qui requiert d’étudier Esaïe en entier, ce que je n’ai pas encore eu le temps de faire. L’argument le plus puissant à mon sens : c’est que les Israélites devenaient impurs dès qu’ils touchaient le cadavre d’un animal, que ce dernier soit pur ou impur. Cela semble impliquer que la mort animale est une anomalie.

II. Les points positifs du commentaire biblique de Matthieu Richelle

A. Les remarques précises sur la structure du texte

Richelle se montre un guide particulièrement précieux dans ses remarques sur la structure de chaque texte de Genèse 1 à 11. Ses remarques sont données clairement et pas redondantes à lire. C’est-à-dire qu’elles ne sont pas balancées maladroitement les unes après les autres. Quand je parle de structure de texte, je pense aux répétitions, aux chiasmes, aux jeux de mots, la signification symbolique des nombres, aux marqueurs d’intertextualité, c’est-à-dire des citations explicites ou des allusions implicites à des épisodes passés ou développés plus tard dans la suite de la Bible etc.

Repérer ces éléments de structure est crucial car ils permettent de mettre en lumière le message principal que l’auteur de Genèse voulait communiquer. Je rejoins Guillaume Bourin sur sa déclaration : bien que l’on n’accepte pas toutes les conclusions de Richelle, parfois dangereuses, on peut tirer profit de ses observations sur la structure. Cependant, si c’est le cas, à nous de proposer une alternative claire qui n’ignore pas la structure du texte.

B. Les remarques sur la littérature extra-biblique

En tant qu’historien, Richelle est un expert hautement qualifié pour traiter de la littérature extra-biblique, c’est-à-dire les écrits contemporains de la Bible rédigés pendant l’Antiquité au Proche-Orient ancien. Cela inclut des œuvres sumériennes, babyloniennes, assyriennes et égyptiennes. Ainsi, Richelle repère des points communs intéressants aussi bien que des divergences. Les références à la littérature extra-biblique sont très nombreuses ce qui fait la force de ce commentaire. Il les présente de manière concise sans entrer dans les détails ce qui ne perd pas le lecteur. 

Mais comme nous le verrons, ce sont les conclusions radicales qu’en tire Richelle auxquelles il faut faire attention. Richelle adopte un présupposé, que nous pensons faux, qui influence grandement toute sa méthode d’interprétation assez spéculative. Il laisse trop la littérature extra-biblique influencer son exégèse.

C. Une lecture de l’Ancien Testament (plus généralement de la Bible) centrée sur Jésus-Christ

Richelle comprend bien que Genèse s’intéresse ultimement au Messie promis : Jésus. Ce qui le pousse à toujours faire le lien entre les événements de Genèse avec ceux du Nouveau Testament. C’est ce qu’on appelle la typologie. Par exemple, le Déluge ressemble au Jugement dernier.

Il s’ensuit que l’histoire des origines (Genèse 1 à 11) n’est pas un récit purement informatif ou une curiosité intellectuelle. Mais elle raconte comment Dieu agit pour accomplir sa promesse de rédemption faite à Adam et Eve juste après la Chute (Genèse 3.15). C’est-à-dire la venue de la « descendance de la femme (Jésus) » qui écrasera la tête (vaincra) du serpent (Satan).

Toutes les généalogies rapportées dans la Bible suivent tel un étau qui se resserre, le chemin qui part de l’humanité et passe par Sem, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Juda, le roi David jusqu’à la naissance du Christ. Les chrétiens ont souvent tendance à voir les généalogies comme des parenthèses au milieu des récits. Mais c’est tout le contraire ! Ce sont les récits qui font office parenthèses qui parsèment les généalogies. Bien sûr, ces récits peuvent être plus ou moins longs : le récit de Noé et du Déluge est bien plus long que celui de Caïn et Abel. Ce principe vaut non seulement pour Genèse mais aussi pour d’autres livres comme 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques.

D. Les nombreuses applications pertinentes et tirées du texte traité

On trouve systématiquement à la fin de chaque partie une liste d’applications pratiques pour tous les croyants et aussi des conseils pour les prédicateurs. Par exemple, Genèse 1 en présentant l’idée même de la création remet en question de nombreuses idéologies (le matérialisme, le polythéisme, le dualisme), nous montre que « le monde est ordonné et résulte d’un projet » et donc que la vie a un sens, nous rappelle que nous ne sommes que des créatures appelées à adorer notre Créateur et que nous sommes créés à l’image de Dieu et donc que nous avons de la valeur. Pour un autre exemple, Genèse 5 met en exergue l’anomalie de la mort et la grâce de la vie, montre qu’il est possible de vivre en communion avec Dieu même dans un monde déchu et à travers la généalogie que Dieu est sage, il fait avancer son plan parfait.

III. Les points négatifs

A. Une relativisation de l’origine commune de l’humanité en Adam

Dans la partie sur la femme de Caïn, Richelle reste agnostique sur une origine de l’humanité en Adam ou et penche même vers l’existence de plusieurs hommes. Par conséquent, selon cette position, Adam n’est plus l’ancêtre de toute l’humanité. Certes, Richelle reconnaît l’historicité d’Adam et même son rôle de tête fédérale, de représentant légal de l’humanité. Mais affirmer cela en niant son rôle de progéniteur de tous les hommes ne suffit pas. C’est même dangereux. En effet, cela remet en question le péché originel, une doctrine fondamentale du christianisme qui explique pourquoi l’homme est pécheur et a donc besoin d’être sauvé par la grâce de Dieu.

Croire en une origine commune de l’humanité en Adam est crucial. En effet, d’après la Bible, chaque homme hérite de deux choses d’Adam.

Premièrement, tout homme hérite une culpabilité légale. On peut la désigner par l’expression culpabilité originelle. C’est celle d’Adam car il était notre représentant légal devant Dieu quand il a péché contre lui. C’est ce que reconnaît Richelle.

Deuxièmement, chacun reçoit aussi une corruption de la nature humaine. Formellement, on peut parler de corruption originelle. C’est cette espèce de déformation morale qui nous pousse naturellement à sans faire le mal en pensées et en actes. Cette corruption se transmet par la naissance d’après (Ps 51.7, Jb 14.1-4, 15.14-15). Le fait que Jésus soit obligé de ne pas naître normalement de deux parents humains appuie l’idée d’une pollution originelle de la nature humaine transmise de génération en génération. La doctrine du péché originel est très bien expliquée ici par Pascal Denault. Je le remercie beaucoup de m’avoir éclairé sur le sujet!

Il est donc capital, d’après la Parole, que nous descendions tous d’Adam pour expliquer d’où vient notre nature pécheresse (la corruption originelle). Pour résumer, le rôle de représentant d’Adam suffit pour expliquer notre culpabilité originelle mais pas notre corruption originelle.

Je conçois que je ne fais que balancer des versets (malgré tout assez explicites) sans donner pas des arguments philosophiques qui seraient utiles pour comprendre davantage comment le péché originel se transmet par la naissance. Bien sûr, on peut accepter cette doctrine uniquement par la foi parce que Dieu, digne d’être cru, nous l’a révélée. Mais ce serait intéressant de détailler cette doctrine philosophiquement pour montrer qu’une transmission du péché originel par la naissance n’est pas absurde et donc contraire à la raison.

J’ai vraiment l’impression que l’historicité d’Adam a été largement défendu en long, en large et en travers (par exemple sur Le Bon Combat). Cependant, la thèse assez populaire chez les Évangéliques – un Adam historique représentant mais pas ancêtre de toute l’humanité – n’a pas vraiment été réfutée.

J’espère donc par la suite écrire une série d’articles (sur parlafoi.com) présentant l’exégèse des passages que je cite et des arguments philosophiques basés sur la compréhension thomiste (partagé par les premiers Protestants, les Réformés scolastiques en particulier) de ce qu’est l’homme. Selon les thomistes l’homme est une unique substance formé par l’union d’une âme et d’un corps. Ce qui est très différent du dualisme de Descartes ou du dualisme de propriétés auquel je soupçonne la majorité des philosophes et théologiens modernes d’y adhérer. Cette position sépare l’âme et le corps en deux substances différentes, l’homme n’étant réellement que son âme. Le corps serait donc comme un conteneur étranger, un moyen de transport (comme un train, une voiture…) contenant l’âme. Il serait utile d’étudier comment cette conception moderne de l’homme a influencé la compréhension du péché originel.

J’insiste énormément sur ce point car il me semble que malheureusement beaucoup de frères et sœurs acceptent cette interprétation sans être conscient de ses conséquences dramatiques sur l’Evangile. Sans origine commune de l’humanité en Adam, pas de corruption originelle. Sans corruption originelle, pas de péché originel. Sans péché originel, en théorie, pas de besoin de l’Evangile et de Jésus.

B. Une méthodologie spéculative et dangereuse

La méthodologie dangereuse de Richelle consiste à supposer que Ge 1-11 est largement influencée par la littérature extra-biblique de l’époque. Ces écrits racontent ne sont pas des récits qui ne relatent pas des faits historiques exacts mais des poèmes qui renvoient à des faits historiques sans savoir précisément comment ils se sont déroulés. Par conséquent, Genèse 1-11 serait rangé dans le même genre littéraire que ces derniers.

Comme je l’ai écrit plus haut, acceptons allègrement ses remarques sur les points communs avec la littérature extra-biblique. Mais examinons-en sagement s’ils nous obligent réellement à reconsidérer Genèse comme une œuvre littéraire qui serait évasive sur les faits historiques qu’elle raconte.

Cette méthodologie pousse naturellement Richelle à s’écarter de la tradition chrétienne (un consensus inter-dénominationnel de 2000 ans ou 3000 ans si l’on compte les Juifs !) sur des sujets assez conséquents. Ainsi, il pense que le Déluge était local (en Mésopotamie) au lieu de global. Voir une bonne réponse sur Le Bon Combat. De même, il interprète Genèse 1 et 2 comme un texte littéraire et purement symbolique (pas d’ordre chronologique). Il traite les âges de la généalogie de Genèse 5 comme un code non historique ou au moins purement symboliques (il faudrait selon Richelle une formule mathématique pour retrouver les vrais âges associés).

Voici quelques éléments de réponse à la méthodologie de Richelle :

1. Un texte peut être à la fois littéraire et littéral

Premièrement une structure littéraire élaborée n’est pas incompatible avec une historicité exacte. Voir par exemple le livre de Jonas où se trouvent énormément de chiasmes. « En bref, tout écrivain habile est capable d’élaborer une composition littéraire en racontant des événements historiques. » (Peter Williams).

Deuxièmement, l’ensemble de Genèse est un tout unifié par une succession d’histoires (toledoth) qui tournent autour de la descendance de certaines personnes (Abraham, Isaac, Jacob). Un tout dont on peut difficilement séparer une partie des autres en disant qu’elle est littéraire et les autres historiques. Et cela sachant que la suite (les récits portant sur les patriarches : Abraham, Isaac, Jacob) est clairement historique ! Pourquoi la partie précédente le serait moins ? Comment distinguer ce qui est historique de ce qui ne l’est pas ? On arrive au final dans une méthode assez arbitraire et subjective.

2. Il existe une autre explication plausible des liens entre Genèse et les écrits extra-bibliques

Richelle a raison de noter les nombreux points communs entre la Bible et les écrits contemporains. Par exemple ceux entre la généalogie de Ge 5 et la Liste royale sumérienne. C’est justement pour expliquer ces ressemblances qu’il propose l’hypothèse selon laquelle l’histoire primitive narrée dans Genèse est un écrit qui a repris le même genre que celui des écrits extra-bibliques.

Mais ce n’est pas seule manière d’expliquer ces ressemblances. Il est aussi possible que Genèse et les récits païens soient issus d’une même tradition (orale et/ou écrite). Selon cette alternative, contrairement à Genèse qui aurait conservé une version parfaite de cette tradition, les autres récits l’auraient déformée. Cette explication rendrait également compte de l’existence de récits proches de Ge 1-11 dans le monde entier.

Richelle a le mérite d’interagir avec cette position mais la rejette. Les supposés points communs seraient insuffisants et trop vagues. Il se pourrait juste qu’un récit provenant d’un seul peuple se soit propagé à tous les autres par exemple par le biais d’échanges commerciaux, diplomatiques ou de conquêtes militaires. Ça serait un peu comme le manga Naruto qui vient du Japon et qui s’est répandu dans le monde entier bien que toutes les nations n’ont pas écrit Naruto !

Personnellement je trouve l’hypothèse de Richelle assez forcée. Et on ne trouve pas seulement des ressemblances superficielles dans les histoires. Comment expliquer qu’on retrouve même des éléments très précis de la Chute et du Déluge dans de très vieux caractères chinois (tentation, fruit, diable, femme, bateau, 8 êtres-humains) ? La chaîne youtube Archeodoxa a publié des vidéos ( et ) qui montrent que les points communs entre les mythes sont trop conséquents pour nier qu’ils proviennent tous d’une source commune.

IV. Conclusion de cette recension

Comprendre Genèse 1 à 11 aujourd’hui est un bon commentaire très accessible sur la forme de Genèse 1-11, l’intertextualité, les applications pratiques et le lien avec Christ. Mais il est dangereux dans sa méthode (trop influencée par la littérature extrabiblique, dé-historicisation) et dans certaines conclusions (Adam n’est pas ancêtre de toute l’humanité => remise en question du péché originel => remise en question de l’Evangile).

La personne qui veut étudier Genèse sérieusement sera forcément un jour obligée de le consulter. Richelle est vraiment LE spécialiste français sur la structure littéraire et la littérature extra-biblique. C’est aussi le seul qui propose beaucoup d’applications pratiques avec une lecture christocentrique tout à fait correcte. A la fin on trouve même des conseils pour trouver Christ dans l’Ancien Testament ! Je ne le conseillerais pas autant si plus tard venait à paraître un commentaire conservateur quand même pertinent sur la forme du texte et les écrits extrabibliques (en anglais par exemple Wenham). On trouvera quand même beaucoup de remarques sur la structure littéraire et sur les écrits extra-bibliques chez Ron Bergey alors qu’il est conservateur sur l’historicité de Genèse et le péché originel.

On pourra consulter des bons commentaires « conservateurs » comme ceux de Gordon Wenham, Ron Bergey, Jean Calvin, Matthew Poole et Matthew Henry. En particulier, Calvin, Poole et Henry regorgent d’applications pratiques (comme à peu près tous les anciens commentateurs) ! Sinon Meredith Kline (un résumé gratuit ici) assez technique, est excellent même s’il partage l’interprétation littéraire de Richelle des jours de la création. En fait il ne se repose pas du tout sur les parallèles extra-bibliques. Il reste conservateur. Il prend beaucoup en compte la littérature extra-biblique et parle tout le temps de Christ ! Sur les 3 premiers chapitres, et même sur la science, il faut consommer du Vern Poythress sans modération, gratuit en ligne en plus (Interpreting Eden et Redeeming science) !

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Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Mari de Hanna. Papa de Noah (5 ans), Théa (bébé) et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Stéphane est un pasteur diplômé de l’Institut biblique de Genève. Il est le co-fondateur et directeur de ToutPourSaGloire.com. Après 6 ans de ministère pastoral, Stéphane est retourné à un autre de ses amours: les livres. Il est le responsable communication pour BLF Éditions, un éditeur évangélique. Avec son épouse, il a aussi fondé ChezCarpus.com, la première librairie chrétienne de livres d'occasion. Il est aussi le créateur de plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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  • Francis ESTEVE dit :

    Comment peut-on tout à la foi traiter la méthodologie de Richelle de « spéculative et dangereuse » et faire appel à des théories hautement farfelues comme Archeodoxa et des théologies « scolastiques » mises à la mode par certains autodidactes proclamés ? Où est la cohérence intellectuelle ? Défendre la Bible ne peut pas aller de pair avec faire feu de tout argument, et encore moins d’avoir recours à des non vérités…

    • JMB dit :

      Quels sont les autodidactes proclamés dont vous parlez ? Ryan McGraw, Willem van Asselt, Richard A. Muller, Herman Selderhuis, Mark Jones et d’autres sont des autodidactes proclamés ?
      Quel est le problème avec la scolastique ?

  • Philippe dit :

    Pour un autre point de vue sur « le péché originel », on peut lire « La croix est-elle la réponse au péché d’Adam ? »,
    sorti en juillet 2020. Auteur : Roger Lefèbvre
    avec « Une approche exégétique des passages clés de l’Ancien Testament, de Romains 5 et de 1 Corinthiens 15 ».

  • MARC SIEDEL dit :

    Un grand MERCI pour cet article.
    Monsieur Richelle essaye de réécrire la Genèse en oubliant que c’est Dieu qui en est l’Auteur, et il aura à en rendre compte aussi.
    A la lecture de ses élucubrations, on peut juste plaindre le commun des mortels (nos contemporains) à qui nous annonçons l’Évangile et la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ (j’encourage d’ailleurs Monsieur Richelle, à aller dans nos banlieues et d’expliquer ses théories aux personnes qu’il rencontrent …). Car quand nous l’encourageons à lire la Parole de Dieu ou que nous la lisons avec lui, nous la lisons toujours au premier degré … Je suis et reste convaincu que le Seigneur nous a donné Sa Parole pour que nous puissions la comprendre (simplement) et l’accepter facilement, sans faire autant de détours qui finalement nous mènent dans des culs-de sac. Le livre de Monsieur Richelle, a chez moi atterri sur l’étagère « Poison » … comme d’ailleurs quelques autres livres édités et circulant dans le monde évangélique.
    Heureusement il y a aussi des écrits un peu plus accessibles et crédibles, et ne remettant pas en question la Parole de Dieu par des pensées humaines ….
    Dans le débat du jour de 24h , je suis convaincu et n’ai aucun pb à croire que Dieu a mis bien moins de temps encore que ces fameuses 24h disponibles … car Il dit et cela fut ! Combien de temps peut-on imaginer qu’il a fallut à Jésus pour multiplier les pains et les poissons ? Il ne les ni péchés, ni nettoyés et ni fait cuire … mais à uniquement rendu grâce, et cela fut ainsi.
    Prenons garde dans notre monde où nous voulons tout comprendre (différent de croire) et expliquer, de ne pas rabaisser Dieu à notre niveau, Lui le Créateur de toutes choses.
    Fraternellement en Christ
    Marc

    • GD dit :

      Genèse 2.2 : Et Dieu se reposa…

      « Parce qu’il était fatigué ! Mais bien sûr… »

      On peut vouloir être fidèle au texte et penser être fidèle nous-même… Malheureusement, dans bien des cas, il est question de la vérité qu’on veut s’approprier et non d’une vérité que l’on vit !

      Revenir à l’Évangile… c’est très bien, mais si c’est un simple apât, comme par exemple l’écologie, une simple technique de manipulation, alors c’est bien dommage.

  • Aurore dit :

    Je trouve votre volonté de retenir l’historicité de Genèse à tout prix assez pénible à lire. Un peu l’impression d’observer un enfant qui essaient de faire rentrer un carré dans un rond…

    Genèse est un récit de fondation, un récit étiologique, probablement ecrit vers la fin de la monarchie/période de l’exil. Genèse 2-3 est une actualisation de l’exode et de l’installation en Canaan afin d’illustrer le pourquoi de la déportation. Le texte reflète également l’attente messianique dont le peuple a grand besoin. Genèse 1 quant à lui a probablement été écrit pour se distancier du polythéisme et de l’astrologie des babylonien… Le but des récits de créations n’est pas de décrire ce qui s’est passé (personne n’était la pour le raconter…) mais de donner un sens, une origine à un peuple et de se démarquer de ses voisins.

    Je voudrai également révenir sur ce que vous dites vers la fin de votre article : « Deuxièmement, l’ensemble de Genèse est un tout unifié par une succession d’histoires (toledoth) qui tournent autour de la descendance de certaines personnes (Abraham, Isaac, Jacob). Un tout dont on peut difficilement séparer une partie des autres en disant qu’elle est littéraire et les autres historiques. Et cela sachant que la suite (les récits portant sur les patriarches : Abraham, Isaac, Jacob) est clairement historique ! Pourquoi la partie précédente le serait moins ?  » Le récit des patriarches est » clairement historique »? Ah bon et sur quoi vous basez vous pour dire cela ? De la même façon que la conquête cannan n’a pas eu lieu tel que nous le raconte la Bible et que l’exode n’a très certainement concerné qu’une petite partie du peuple, l’histoire des patriarches reflètent la volonté d’unifier le peuple notamment par l’histoire des 12 fils de Jacob et de relier les descendants d’Abraham au peuple sortis d’Égypte. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien d’historique dans la Genèse, cela veut dire que l’histoire biblique a été raconté d’une certaine façon afin d’unifier un peuple et pour refléter/raconter l’expérience qu’ils faisaient de Dieu.

    En suites vous dites : « Comment distinguer ce qui est historique de ce qui ne l’est pas ? » Justement en prenant en compte les découvertes archéologiques et scientifiques, ce que vous ne faites pas ! Vous tournez en rond dans votre raisonnement….

    De plus vous vous mettez vous même des barrières concernant la necessite d’un Adam historique pour le péché originel et donc pour l’évangile. Idem pour la necessite que les récits bibliques soient 100% historique. Mais en faisant ça, c’est vous qui mettez en danger la foi des croyant évangéliques. Rendre l’évangile conditionnel à un Adam historique est un suicide intelectuel, c’est l’échec de la raison car c’est se placer en opposition avec les connaissance historiques et scientifiques. C’est votre méthode qui est dangereuse pour la foi des autres. La Bible est un texte inspiré par Dieu, écrit et reécrit par les membres d’un peuple afin de témoigner de l’action de Dieu parmi eux et de préparer la venue du Fils de Dieu parmis le hommes. Nul besoin d’un livre de Genèse historique (notion étrangère aux peuples anciens d’ailleurs) pour cela.

    Merci néanmoins pour la recension du livre que je lirai avec intérêt.

    • 1. Sur la période monarchique, les conservateurs rejettent évidemment cette datation et les spéculations sur le but de chaque section sont ainsi rejetées a priori.

      2. « personne n’était là » Dieu, si. Et rien n’empêche qu’une telle connaissance venant de Dieu soit communiquée à Moïse. Rien, si ce n’est un présupposé naturaliste.

      3. A quoi bon démarquer le peuple de ses voisins si ce n’est pas par quelque chose de réel ? Pourquoi simplement un mythe contre un autre si aucun n’est plus conforme à l’histoire que l’autre ? Après tout, ils auraient très bien pu adhérer au mythe babylonien s’ils pensaient vraiment que l’un n’était pas plus vrai que l’autre. Par ailleurs, Gen 1-11 n’est précisément pas centré sur Israël mais sur la course du monde. Rien, dans 1-3 ne distingue Israel des autres nations, elle n’est pas même nommée et n’existe pas.

      4. Sur l’historicité des patriarches et de l’Exode, Laurent dit cela parce qu’avec les conservateurs, il croit évidemment à leur historicité. Cf.
      – Patterns of Evidences, reportage synthétique.
      – Chronologie biblique, J.M. Berthoud, la revue réformée.
      – Ancient Israel in Sinai, James Hoffmeier, Oxford University Press.

      5. Sur la question « comment distinguer » Laurent voulait évidemment dire « dans le texte lui-même ». Quel marqueur textuel nous indique qu’ici l’auteur voudrait rapporter un récit historique et là quelque chose de purement symbolique.

      6. « c’est se placer en opposition avec les connaissance historiques et scientifiques ». Se placer en opposition avec les conclusions de sciences aux présupposés naturalistes, ça va de soi. Si l’on rejette a priori la possibilité d’une intervention divine dans l’histoire des langues (Babel), de la géologie (Déluge) ou de l’origine du monde (Création) il n’est pas étonnant que les conclusions atteintes divergent radicalement et dès lors ces conclusions ne peuvent pas être invoquées contre nous puisque les faits considérés ne sont pas les mêmes.

      7. « Nul besoin d’un livre de Genèse historique (notion étrangère aux peuples anciens d’ailleurs) pour cela. »
      C’est tout simplement tellement faux mais je crains qu’un commentaire soit trop court pour en débattre… Encore un mythe libéral hérité d’un âge hypercritique dont rirons nos successeurs et descendants.

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