Un roman russe m’a dévoilé le privilège des relations chrétiennes non-superficielles

Les bienfaits de l’Évangile sont infinis, et pourtant beaucoup d’entre eux passent inaperçus. Si d’un coup ils venaient à disparaitre, leur absence serait criante.

Mais comme on en bénéficie au quotidien, on ne les remarque même plus. Je pense notamment aux relations profondes qu’offre la Bonne Nouvelle de Jésus, mort pour nous réconcilier avec notre Père et Créateur, mais aussi avec notre prochain.

La superficialité de la haute société russe

Quel privilège de vivre des relations chrétiennes! La pensée m’est venue en lisant La guerre et la paix, de Tolstoï.

Le roman raconte les guerres napoléoniennes de la perspective russe. Mais les batailles sont presque un prétexte servant à accomplir un autre objectif: analyser et décrire l’aristocratie russe. Tolstoï se fait « l’historiographe de la noblesse russe, le scrutateur de l’âme noble à l’époque la plus glorieuse de la patrie. »[1] Ne décrochez pas, c’est vraiment pas hors sujet!

Au début du roman, l’auteur dépeint une soirée de la haute société. Toute l’aristocratie de Saint-Pétersbourg est présente, y compris le jeune prince André Bolkonski, un des personnages principaux.

Le prince André s’ennuie à mourir à ces soirées et fait peu d’efforts pour cacher son ennui. Et effectivement, la soirée et toutes les soirées décrites sont d’une superficialité incroyable.

Mais le soir en rentrant, le prince André dîne (à 2 heures du matin!) avec son ami Pierre. On y découvre la transformation d’André. Tolstoï écrit:

À mesure qu’il s’épanchait, le prince ressemblait de moins en moins au Bolkonski du salon d’Anna Pavlovna, affalé dans un fauteuil et marmonnant quelques phrases en français avec un clignement d’yeux las. Des tressaillements nerveux contractaient tous les muscles de son visage austère; ses yeux, où le feu de la vie semblait naguère éteint, brillaient maintenant d’un éclat flamboyant. À ces minutes d’excitation quasi maladive, son apathie habituelle se muait apparemment en une sorte de frénésie.

N’est-ce pas vrai? La compagnie d’un ami nous réveille. On découvre le vrai André seulement dans l’intimité d’une conversation authentique et profonde.

La superficialité de toute société, y compris la nôtre

La majorité de nos échanges avec collègues et voisins sont d’une banalité effrayante. C’est certainement, du moins à un certain degré, un mal nécessaire: la convention exige qu’on soit poli, qu’on discute avec le voisin de palier quelques minutes, qu’on commente la météo, qu’on parle des enfants qui grandissent si vite, etc.

Mais dans 10 ans, on peut en être au même stade, aux mêmes banalités, avec les mêmes voisins. On n’apprendra jamais que le voisin A lutte contre un cancer ou que la voisine B a des pensées suicidaires.

Qu’est-ce que ce serait génial si nous pouvions dépasser ce plateau de superficialité et voir « le feu de la vie » apparaitre dans les yeux de nos voisins! C’est ce que nous essayons de faire en posant des questions non-conventionnelles, mais ce n’est vraiment pas évident.

L’Évangile nous libère de la superficialité

La communauté de l’Église locale est (ou devrait être) clairement différente.

Je sais que toutes les Églises ne sont pas pareilles et que nous vivons des degrés plus ou moins grands de non-superficialité. Mais mon épouse et moi sommes incroyablement bénis par notre assemblée locale où, dès les premières semaines ensemble, on pouvait parler de vraies choses.

Mais notre Église n’est pas une exception! Il y a quelques semaines, nous avons visité une Église amie pour le culte et un repas en commun. Nous avons eu tellement de plaisir à rire, discuter, taquiner et simplement vivre ensemble quelques heures. On ne connaissait qu’un couple en arrivant et au bout de la visite, nous avions fait connaissance de tout un pan de notre grande famille, la communauté que Jésus a formée.

J’y ai réfléchi. Je n’ai pas le souvenir d’une seule conversation superficielle. Je suis sûr que je les ai simplement oubliées. Mais ce qui m’est resté, c’est comment le frère X et la sœur Y se sont convertis. On s’est réjouit de voir comment Dieu a retourné une situation désespérée et les a transformés. On s’est réjouit d’entendre comment la communauté grandissait, Dieu ajoutant des personnes régulièrement. On était aussi impressionné d’apprendre combien de membres lisait la Bible avec des personnes pas-encore-chrétiennes. On a prié ensemble et on est reparti avec l’impression qu’on avait vraiment appris à connaître des hommes et des femmes dans cette ville.

Et toi, as-tu récemment remercié Dieu pour tes relations renouvelées par l’Évangile?

NDLR: Cet article a été publié la première fois le 2 septembre 2015. Je l’ai reposté en mars 2022.
[1] Citation de Dostoïevski, reprise de la page VIII de l’introduction de Pierre Pascal dans l’édition de la Pléiade.

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Stéphane Kapitaniuk

Pécheur et disciple sauvé par la mort de Jésus à ma place. Mari de Hanna. Papa de Noah (8 ans), Théa (3 ans), Marie (1 an) et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Pasteur de formation. Directeur général de BLF Éditions depuis 2021. J'aime bien lancer de nouvelles initiatives. Découvrez BLFKids.com, un projet spécial parents, ainsi que BLFAudio.com, la première librairie chrétienne de livres audio. J'ai aussi fondé avec Hanna ChezCarpus.com, la première librairie chrétienne de livres d'occasion. Je propose aussi plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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