5 leçons à retirer de la souffrance de Job

Le livre de Job est un chef d'œuvre. Mais pour beaucoup c'est aussi un sacré casse-tête! C'est vrai qu'il y a des aspects très ambigus. Mais si on prend le livre dans son ensemble, les enseignements sont nombreux pour nous dès le premier chapitre.

Je vois au moins cinq leçons à retirer de la souffrance de Job.  Et personnellement, j'ai trouvé la cinquième tout particulièrement encourageante récemment:

Leçon n°1: Satan ne peut rien faire sans l’autorisation de Dieu

C’est très important, pour commencer, de réaliser que le pari cosmique entre Dieu et Satan, n’est pas un pari entre égaux. Non, Dieu est le seul Dieu et Satan n’a aucune autorité en dehors de celle que Dieu lui accorde.

Chaque fois, Satan doit demander à Dieu le droit de faire du mal à Job (ex. Job 1.12). Au passage, on découvre que Satan désire notre destruction complète, puisque Dieu doit lui préciser à chaque autorisation, les limites (Job 1.12; 2.6).

Il y a un encouragement énorme qui découle de cette première observation: d’une façon absolument incompréhensible, Dieu dans son amour fait tout concourir à notre bien (Ro 8.28), même les plans destructeurs de Satan.

« Dieu fait tout concourir à notre bien,
même Satan. »

Leçon n°2: Dieu utilise le péché sans jamais pécher

Job nous enseigne que la souveraineté de Dieu est très complexe. Dans le livre de Job, il y a plusieurs façons de parler de l’origine d’un malheur.

À un premier niveau, il y a les acteurs immédiats qui détruisent tout ce que Job possède: les Sabéens et les Chaldéens, ainsi que la foudre et la tempête. Si on remonte un peu, c’est Satan qui tire les ficelles des peuples et de la météo. Mais de façon ultime, c’est Dieu le vrai acteur.

Et Job le sait.

Après avoir tout perdu (sauf sa femme… pas un cadeau!), Job dit que ces malheurs lui viennent de Dieu: “Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni!” Et Job va même plus loin au chapitre suivant, en parlant du mal qu’envoie Dieu (Job 2.10).

Mais au cas où on aurait un doute, le narrateur précise immédiatement après chacune des deux interventions de Job: “En tout cela, Job ne pécha pas et n’attribua rien de scandaleux à Dieu.” (Job 1.22, cf. aussi Job 2.10).

C’est très complexe, voire incompréhensible: Dieu déteste le mal, ne commet jamais le mal et pourtant, il utilise le mal. Job l’enseigne.

« C’est un mystère:
Dieu déteste le mal,
ne le commet jamais
et pourtant l’utilise. »

Leçon n°3: Les malheurs de Job ne sont aucunement liés à ses péchés

Nous sommes prompts a chercher une raison à notre souffrance. Beaucoup de chrétiens ont l’impression que Dieu est en train de les punir par la souffrance.

Dans Job, c’est au contraire sa grande intégrité qui attire tant de malheurs à Job (cf. Job 1.1, 5, 8; 2.3). Dieu dit notamment à propos de la justice de Job: “Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal.” (Job 1.8 et 2.3).

Leçon n°4: La persécution que vit le chrétien peut aussi être « non-religieuse »

J’hésite un peu avec ce point. Car Jésus promet clairement la persécution religieuse à ses disciples. Il n’empêche que dans Job, le zèle de Satan pour nous détruire se manifeste aussi en souffrances physiques.

Ce point est difficile parce tout être humain, pas juste le croyant, éprouve des souffrances telles que la perte d’un enfant, la catastrophe qui détruit sa maison, la trahison du conjoint, etc. Comment donc dire qu’elle est due à notre relation avec Dieu?

Mais Job semble indiquer que la souffrance “naturelle”, c’est à dire qui n’est pas une persécution religieuse, est aussi due à notre foi. Satan utilise la souffrance qui est le lot de tous les hommes pour faire vaciller la foi des hommes pieux.

Leçon n°5: Notre souffrance fait partie de quelque chose de bien plus grand que notre petite vie

Job nous invite à lever les yeux. À avoir une perspective céleste sur nos souffrances. À aucun moment Job n’a le privilège de voir ce qui se passe en coulisses. Le pari cosmique entre Dieu et Satan reste un secret pour lui.

Mais nous avons ce privilège dans le livre de Job. Je pense que Dieu voulait par là nous faire réaliser qu’on ne comprendra pas ici-bas la plupart de nos souffrances, mais qu’elles ont du sens de la perspective de Dieu.

Les enjeux des souffrances de Job sont énormes: aime-t-il Dieu parce que Dieu en est digne ou aime-t-il Dieu parce Dieu le comble de bonnes choses? Aime-t-il celui qui donne ou aime-t-il les cadeaux? Est-il juste parce que ça lui rapporte ou est-il juste parce que c’est juste de l’être?

« Nos souffrances font partie
d’une histoire qui nous dépasse. »

Nos souffrances font partie d’une histoire qui nous dépasse. Faisons confiance à Dieu qui sait ce qu’on est capable de supporter (1 Co 10.13). Faisons-lui confiance pour qu’il fasse tout concourir à notre bien (Ro 8.28. Faisons-lui confiance pour que “les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous.” (Ro 8.18). Faisons comme Job qui loue Dieu, malgré l’incompréhension de sa souffrance:

« C’est nu que je suis sorti du ventre de ma mère, et c’est nu que je repartirai. L’Éternel a donné et l’Éternel a repris. Béni soit le nom de l’Éternel. »

Et vous? Tirez-vous d’autres leçons du livre de Job? Partagez-les dans un commentaire svp!

Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Marié avec Hanna, ils sont parents du petit Noah et font partie d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy, une ville à 40 minutes à l’Est de Lyon. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Il aussi le créateur de plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).

http://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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  • Super!

  • Merci pour l’article ! Très encourageant.

    Juste une petite faute : « notre souffrance fait partie* » (dernier titre), pareil dans le click to tweet et le dernier paragraphe.

    Bonne journée !

  • Thierry Weber

    Merci pour cet article ! Puissant, encourageant et stimulant !

  • Fred

    Je te trouve un peu dur avec la femme de Job « pas un cadeau ». Elle aussi a tout perdu : ses enfants, ses biens… et elle assiste impuissante à la souffrance physique de son mari… elle mérite à mon avis plus la compassion que la dérision ou le rejet. D’ailleurs, je dirais que Job lui-même différencie son péché de sa personne (1.10). Oh, je ne dirais pas non plus qu’elle a la bonne attitude, mais je trouve le « pas un cadeau » un peu trop dur. Aurais-tu écrit la même chose de Noémie (livre de Ruth) qui est dans la même situation, peu ou prou ?
    Bon, je sais aussi que ce détail n’est pas le fond du sujet 😉
    Laure (qui n’arrive pas à se connecter avec son compte ^^)

    • Salut Laure,

      Peut-être que c’est mal dit. Je ne conteste pas sa souffrance. Mais l’idée derrière mon affirmation c’est que Satan enlève tout à Job, sauf sa vie et sa femme. On se demande alors s’il ne le lui laisse pas sa femme justement parce qu’elle ne va pas l’aider dans sa souffrance, mais au contraire le tenter de maudire Dieu.

      • Didier Mroczkowski

        C’est vrai, la femme a été créée comme aide pour l’homme, pour le soutenir surtout lorsqu’il passe par de mauvais moments et non l’inverse, satan s’est servit de la femme pour que Job abandonne notre Dieu, cela me fait penser à Adam et Eve dans le jardin d’Eden, c’est la femme qui a proposé le fruit à Adam, là encore satan s’est servit de la femme pour tromper l’homme, soyez bénis.

        • Sylvain Ndjendole

          Oui mais là il faut être quand même prudent, Adam avait toutes ses facultés et donc pouvait bien refuser le fruit proposé par Eve.
          Ce n’est pas avec Job. Job à résisté mais il faut comprendre la nature humaine car LA femme de Job traumatisée par les évènements n’avait pas hésité à proposer à son mari l ultime solution d’après elle. Donc dans les 2 cas il faut être prudent.

  • Lucas Alvarez

    Très bon article! Je rajouterai peut être aussi que cela met en évidence la « Grâce souveraine » de Dieu; car on voit bien avec tout ce qui arrive à Job, qui était en fait plutôt religieux au début, même si de foi sincère et homme remarquablement juste, et à travers toutes ses souffrances on voit que notre relation avec Dieu n’est pas que du « donnant-donnant », dans le sens que c’est par nos mérites qu’on gagne notre salut, ou la faveur et la bénédiction de Dieu…Dieu permet du bien et du mal à tous, « chrétiens » (je suis ok qu’on est dans l’AT donc ce n’est pas encore d’Actualité mais je pense que vous comprenez l’idée) et non croyants, il n’y a pas de place pour l’idée religieuse d’un Dieu « justicier » qui permet des catastrophes, malheurs,… pour punir les gens méchants de leurs péchés. Et aussi à la fin du livre quand Job fait cette déclaration tellement forte, pour moi « mon oreille avait entendue parler de toi mais maintenant mon oeil te voit » (peut être pas mot à mot dsl pour ma mémoire), qui montre justement ce changement de compréhension, du regarde de Job envers Dieu, de sa relation avec Dieu; qui passe de religieux à une relation plus intime, personnelle, basé sur la Grâce de l’Éternel…

    On peut peut être aussi ajouté quand même l’attitude des « amis » de Job, qui au lieu de le réconforter ne font que l’accabler, le juger et lui dire que si tous ces malheurs lui tombent dessus c’est de sa faute, c’est à cause de ses péchés,…etc. et plein d’autres réflexions qui peuvent parfois sonner justes il faut avouer, mais qui sont tellement religieuses et simpliste, froides et sans aucune marque de compassion! D’ailleurs Dieu ne va pas les approuver.

    Je dirais aussi enfin. le fait que dans tout ce que dit Job, parfois certains de ses propos sont très « forts », voir carrément limites…et pourtant Dieu ne va pas lui en tenir rigueur, même si il va quand même le « recadrer » un peu. Ce qui montre, pour moi, comme quand on lit les psaumes et ce que dit David, que Dieu aime qu’on soit authentique envers lui, sincère, qu’on peut tout lui dire, tous nos sentiments, pensées, même nos doutes et remise en cause…c’est tellement rassurant et bénissant, et si loin de la conception religieuse d’un Dieu envers qui on a pas le droit de se plaindre et de dire dire sinon que du bien, que louer, sinon on sera jugé!

    Bref…je me rend compte que j’ai beaucoup écris alors que je pensais juste écrire un pli com…désolé lol.

    Bon article en tout cas, merci beaucoup! Soyez bénis.

  • Jean-Paul S

    Merci Stéphane pour cet article.
    « La leçon n°3:Les malheurs de Job ne sont aucunement liés à ses péchés » cette vérité est vraie pour Job qui était un homme intègre, donc sa souffrance était imméritée. Par contre dans le livre des Lamentations, on a l’exemple de la souffrance méritée, conséquence de péchés. Dès fois les malheurs que l’on vie sont issue de nos mauvais choix.

    • Bonjour Jean-Paul et merci pour cette précision. Effectivement, vous mettez le doigt sur un sujet que je n’arrive pas encore à cerner: celui du lien entre punition et conséquences de nos péchés dans l’ancien et la nouvelle alliance.

      On voit par exemple dans le livre des Nombres qu’au moindre péché la colère de Dieu s’enflamme contre le peuple. Des textes comme Esaïe 53 nous disent que Jésus a porté non seulement nos péchés, mais aussi la colère de Dieu. Mais est-ce que cela veut dire que nous ne subissons jamais des punitions de Dieu pour nos péchés (qui seraient plus que des conséquences)?

  • Jean-Luc Dandrieu

    Merci beaucoup,Stéphane, pour ce texte sur Job que je viens de découvrir et que j’ai bien apprécié. J’ai eu l’occasion de présenter ce livre dans le cadre d’une formation biblique. En voici la conclusion écrite à « 4 mains » avec ma femme, moins d’un an avant son décès à la suite d’un cancer particulièrement violent.

    Quelques leçons du livre de Job…
    -La souffrance inexplicable de l’homme menace d’ébranler sa conception
    de Dieu et du monde.
    – Prenons garde à nos préjugés personnels et acceptons que la souffrance
    comporte une grande part de mystère. Ne cherchons pas à l’expliquer par des
    discours inutiles et des paroles vides de sens, qui ne font que souligner notre
    incapacité à comprendre ceux qui traversent la souffrance.
    – La souffrance n’échappe pas à la souveraineté de Dieu : tout lui est
    soumis, même les agissements du diable : c’est une source d’espérance, car dans
    la lutte acharnée (qui dépasse l’homme) de Satan contre Dieu, l’issue est certaine.
    – Même les « innocents » souffrent. Et il n’y a pas de lien direct entre
    souffrance et rétribution : acceptons que la souffrance paraisse injuste.
    – Dieu ne reproche pas à l’homme d’exprimer honnêtement sa colère, son
    désespoir, son malheur, par des cris, des larmes, des paroles qui
    l’interpellent. Job n’abandonne pas sa foi quand il s’indigne et lutte avec
    Dieu.
    – Il n’y a pas non plus de lien entre une vie juste et une récompense
    immédiate. Ce que Job reçoit à la fin, c’est non pas une récompense de sa
    fidélité, mais un cadeau de Dieu.
    – Quelle est la vraie récompense ? C’est la connaissance de Dieu. Dieu
    parle, il se révèle, et Job apprend que Dieu ne se réduit pas à l’idée qu’il se
    faisait de lui (le cœur du livre : 42.3-6).
    – Le but de la souffrance ? Dieu nous amène à regarder à lui. L’épreuve
    accomplit en nous un profond changement, qui met en place dans nos vies les
    vraies priorités. En se présentant magistralement, Dieu n’accuse pas Job, mais
    il ne répond pas au problème du mal (il ne nous doit pas d’explications, et si
    nous ne comprenons pas, c’est normal, car nous ne sommes pas Dieu).

    En conclusion, Dieu nous demande, non une soumission aveugle à un destin
    arbitraire, mais il désire une confiance inébranlable en un Dieu qui se révèle.
    C’est ce que Job a montré, alors que sa femme le pousse à renier Dieu et que
    ses trois amis l’incitent à regarder vers lui et son intérêt personnel, plutôt
    que vers Dieu et sa compassion.

    Notre connaissance de Dieu est-elle assez solide pour nous garder attaché à lui le jour du malheur, même si nous ne comprenons rien ?