VIDÉO Nouvelles preuves de la fiabilité des Évangiles

Cette présentation du Dr. Peter Williams est fascinante. Il nous apporte de nouvelles preuves (et nous en rappelle des anciennes) montrant que les quatre évangiles sont basés sur des témoignages fiables. Il montre même que les Évangiles sont tellement précis et fiables, qu’ils doivent avoir pour source des témoignages oculaires.

Je vous encourage à regarder cette vidéo dès que possible. Je prie pour une multiplication de ce genre de chercheurs sachant communiquer. Un modèle du genre (les sous-titres français sont disponibles en cliquant sur « CC »):

NDLR: On vient de reposter cette excellente présentation du Dr. Peter Williams. Cet article a été publié la première fois le 13 mars 2013.

J’ai réalisé que j’avais en ma possession, la transcription française complète du séminaire et que ça pourrait permettre à certaines personnes pressées de lire plutôt que de regarder cette vidéo d’enseignement (perso, je conseille toujours la vidéo qui est top de top).

La transcription est disponible ci-dessous en format PDF et ebook.

 

Transcription de la conférence de Peter Williams

Nouvelles et anciennes preuves que les évangiles sont basés sur des témoignages oculaires

Transcription d’une conférence du Dr. Peter Williams

Transcription réalisée par Fidji Path-Laplagne

NDLR: Il y a des différences entre cette transcription et les sous-titres français de la vidéo du Dr. Peter Williams. En effet, cette transcription a été réalisée pour créer les sous-titres. Durant la mise en place des sous-titres, nous les avons parfois revu pour être plus fidèles aux propos du professeur. Malheureusement, nous n’avons pas pensé a répercuter ces modifications dans la transcription. Merci de votre compréhension.

« Je suis vraiment heureux d’être là ce soir ; Ce que nous allons faire, c’est nous pencher sur la question suivante: «Les Evangiles sont-ils basés sur des témoins oculaires? » Et je veux apporter des preuves anciennes mais également des nouvelles preuves que les Evangiles sont en effet basés sur des témoignages oculaires.

Mais je veux commencer en citant un de mes compatriotes britanniques C.S Lewis, l’auteur des Chroniques de Narnia, qui avait la réflexion suivante sur la personne de Jésus. Il disait que lorsque l’on examine les propos que Jésus tenait sur sa propre personne on ne peut en venir qu’à 3 conclusions:

il est soit Seigneur, soit c’est un menteur, soit c’est un fou… car toutes les choses qu’il prétend être ou faire sont tellement hallucinantes qu’elles ne peuvent pas être l’œuvre d’un grand homme seulement. Car un grand homme ne s’attribue pas autant. Mais on se rend compte que récemment, une quatrième possibilité à été rajoutée aux trois premières: c’est que Jésus serait en fait une légende. 

Notre question est donc: a-t-on des preuves que les Evangiles sont fiables?

Premièrement je vais utiliser une source dont l’auteur est un sceptique. Bart Ehrman, est un des sceptiques les plus connus et influent aux USA actuellement, un érudit de la Bible. Il dit ceci en parlant des Evangiles:

«Selon vous qu’est-il arrivé à ces histoires [au sujet de Jésus] au fil des années, et au fur et à mesure qu’elles ont été racontées et re-racontées, pas comme un banal fait divers provenant d’un témoignage oculaire mais comme propagande pour convertir. Avez vous déjà joué au jeu du téléphone avec vos enfants lors d’une fête?»

Le jeu du téléphone c’est ce qu’on appelle chez nous en Angleterre le «téléphone arabe». Vous n’avez surement pas le droit de l’appeler comme ça ici, mais là-bas on l’appelle comme ça. Et ça ne dérange personne! Vous savez bien comment fonctionne ce jeu. C’est un jeu inventé spécifiquement pour corrompre le message pour nous faire rire. 

Il y a donc certaines règles: 

  1. On doit chuchoter pour être sûr que le message sera corrompu. 
  2. On n’a pas le droit de répéter, pour être sûr que le message sera déformé. 
  3. On ne peut entendre le message que d’une personne!

Alors pourquoi utiliserais-je ce jeu comme une analogie de la propagation du christianisme à l’origine?

Je préfère utiliser l’analogie du karaté. Vous avez déjà entendu quelqu’un vous dire que le karaté doit être corrompu car son enseignement ne peut être transmis que d’une personne à une autre? Et bien non! Car le karaté s’accompagne de discipline, les professeurs enseignent avec attention, il y a un système de contrôle pour s’assurer que c’est bien transmis. Je trouve que c’est une bien meilleure analogie. Mais nous reviendrons sur cette question… nous explorerons la possibilité que le christianisme ai en effet pu commencer comme le téléphone arabe.

Mais la première chose que nous allons faire, c’est regarder où ont été écrit les Evangiles. Selon les traditions chrétiennes primitives, les Evangiles n’ont pas été écrits dans leur territoire d’origine, à savoir Israël ou la Palestine (l’utilisation de ces mots n’a pas de connotation politique, je parle juste de lieux). Selon les traditions chrétiennes primitives Marc a été écrit à Rome, Luc à Antioche ou Achaïe ou Rome, Jean à Ephèse (en Turquie) c’est à dire l’Asie Mineure, et une tradition chrétienne plus ancienne, du 2 ou 3ème siècle, nous dit que Mathieu aurait été écrit en Judée. Autrement dit, le consensus général est que la majorité des Evangiles n’ont pas été écrits en Israël. 

Si l’on demande à un érudit moderne, plutôt sceptique, en regardant les Evangiles, il nous dit: «Je pense qu’aucun n’ont été écrits depuis les territoires d’Israël ou de la Palestine» L’Evangile de Jean à peut-être commencé comme un écrit collectif, avec un groupe en Palestine ou Syrie, puis ils se sont déplacés en Asie Mineure mais à part ça, en dehors d’Israël. 

Bart Erhman, lui même dit:

«Où donc est-ce que ces auteurs anonymes, parlant le grec, et vivant probablement en dehors de la Palestine quelques 36 à 64 ans après les évènements qu’ils relatent, vont -ils chercher leur information?» 

Les auteurs des Evangiles étaient donc selon lui, probablement en dehors de Palestine.

Les érudits sceptiques et la tradition chrétienne primitive sont donc d’accords sur le fait que la plupart des Evangiles ont été écrits en dehors des territoires où ont eu lieux les évènements qu’ils relatent. 

C’est intéressant et cela nous pousse à nous demander à quel point connaissaient-ils ce pays dont ils parlent? Demandons-nous: connaissent-ils ce pays? Connaissent-ils l’agriculture? L’architecture? la botanique? Les rites funéraires? Toutes ces choses culturelles. Comment voulez vous écrire quelque chose d’intelligent sur un lieu où vous n’avez jamais mis les pieds? Nous allons donc faire un ensemble de tests ce soir pour voir si ces personnes connaissaient cette terre… parce que cela nous dira s’ils étaient potentiellement proches des évènements. S’ils étaient à des milliers kilomètres, en train de tout inventer, ils n’auraient pas tout ce genre d’information et de détails.

Je ne connaissais pas votre bel état du Texas avant il y a 3 ans en arrière. Je ne savais rien du Texas. Je ne savais pas qu’il pouvait pleuvoir. Vraiment pleuvoir ! C’était complètement nouveau pour moi. En d’autres mots, même à l’ère de l’information, quand vous n’êtes pas allée quelque part vous êtes souvent surpris par des choses que vous voyez là-bas. Maintenant imaginez à l’époque, quand vous n’aviez même pas internet. C’était même avant Wikipédia, dingue, non!? Donc comment est ce que quelqu’un qui invente une histoire sur un lieu où il n’a jamais été, qui ne connait personne qui n’y ai jamais été, saura-t-il ce qu’il doit écrire? Nous allons voir ce soir que les Evangiles sont particulièrement exactes, pour avoir été écrits de si loin.

Je vais passer beaucoup de temps sur le «test de comment se nomment les gens», après nous verrons quelques autres tests. Donc regardons s’ils appellent les personnes par des prénoms adéquats. Y’a-t-il un Michael ce soir? Mike? Levez la main. Oui, ok… il y en a. Je m’attendais à ce qu’il y ai des Michael ici. Vous savez pourquoi? Parce qu’on sait qu’en 1970, 1 garçon sur 25 né aux USA était un Mike. C’était un prénom fréquent. A l’époque, Jacob n’était pas si fréquent… mais on voit qu’entre 1967 et 1997, la fréquence de ce prénom a été multiplié par un facteur de 100. Clairement la fréquence des prénoms change avec le temps. Pas que maintenant, à l’époque également, bien que peut être pas aussi vite. On peut donc se demander si les auteurs des Evangiles ont mis les bons prénoms. Imaginez que vous ayez à écrire une histoire sur les gens en France il y a 100 ans [NDLR: le Dr. Williams s’adresse à un public texan]. Seriez vous capables de donner les bons prénoms? Ok… Jacques est français, vous seriez surement capable d’en trouver d’autres mais seriez vous capable de les mettre dans une juste proportion et fréquence? Et cela pour d’autres pays? 

Seriez vous capable de le faire, ne serait-ce que pour votre propre état, avec les prénoms d’il y a 100 ans? Et bien on a été capable récemment d’étudier les prénoms anciens grâce à l’archéologie et une étude a été faite pour 3000 prénoms. Il s’avère que les prénoms juifs en Palestine étaient différents des prénoms juifs ailleurs… Les Evangiles sont écrits ailleurs et pourtant ils utilisent les prénoms adéquats. C’est la chose remarquable que nous observons. Ils ont la juste distribution de prénoms. Creusons un peu plus… L’étude commença avec un chercheur allemand qui avait au départ seulement une liste des prénoms de l’époque. Ensuite vint un chercheur britannique qui essaya de mettre cela en relation avec l’Evangile et voir s’il y avait une corrélation entre comment les gens étaient appelés en dehors du Nouveau Testament et à l’intérieur du Nouveau Testament. Et ce que l’on trouve est fascinant. On a un petit tableau ici, mais pour faire simple, le prénom le plus commun dans le Nouveau Testament pour les males juifs palestiniens est Simon. C’est également le prénom le plus utilisé par Joseph (un historien juif du premier siècle), dans les ossuaires et le deuxième plus utilisé dans les parchemins de la mer morte. Regardons le deuxième prénom le plus commun du Nouveau Testament, Joseph. Et bien c’est également le deuxième prénom le plus utilisé par Joseph, dans les ossuaires, et c’est le numéro un dans les parchemins de la mer morte. On voit une corrélation significative. 

Regardons les choses autrement, en additionnant les 2 prénoms les plus employés parmi les hommes juifs palestiniens, vous constatez que presque 16% des hommes de l’époque avaient un de ces 2 prénoms. Dans le Nouveau Testament, c’est 18%. On prend le top 9 des prénoms les plus communs, on obtient 41% en dehors du Nouveau Testament. Dans le Nouveau Testament, c’est 40%. C’est incroyablement proche! Et cela relève d’une importance statistique car alors que notre base de donnée s’agrandie, les chiffres sont plus proches. Rappelez-vous que ces données concernent 4 auteurs: Mathieu, Marc, Luc, Jean qui écrivent 5 livres: Mathieu, Marc, Luc, Jean et Actes. Et ce que l’on peut dire également c’est que chacun de ces écrits, reflète individuellement ce motif de prénoms, bien que les statistiques ne soient pas aussi bonnes, l’échantillon n’est pas aussi grand. Avec les prénoms de femmes, la base de donnée n’est pas aussi grande, mais il y a une corrélation relative. Prénom le plus donné dans le Nouveau Testament: Marie.  Prénom le plus donné en dehors du Nouveau Testament: Marie. Alors on peut se dire qu’ils avaient moins d’imagination quand on en vient à baptiser les femmes! Mais… presque 29% des femmes portaient un des 2 prénoms les plus portés et presque 50% un des 9 les plus portés. Et il y a une corrélation assez satisfaisante avec les 40% et 61% que l’on trouve dans le Nouveau Testament pour ces mêmes choses. Avec un peu plus de variation, certes, car l’échantillon est plus petit. Donc maintenant on peut regarder le classement des prénoms. Regardons les males juifs palestiniens. Ce classement est celui que l’on obtient dans le NT et maintenant regardons dans un autre pays où il y a beaucoup de juifs: En Egypte. Et on trouve un classement des prénoms différent. C’est remarquable. J’ai une question ce soir, elle ne fonctionnerait pas dans une foule mais je peux au moins demander dans la chapelle ce soir, quelqu’un connait-il une personne qui s’appelle Sabbataius? Non? Personne. Pappus? Ptolomé? Votre chien? Non? Même pas un animal domestique? Pourquoi pas? Parce que l’Evangile n’était pas une histoire sur les hommes Juifs en Egypte. Si c’était le cas, ces prénoms seraient devenus communs pour nous, mais ça n’est pas le cas. Donc dans un territoire différent, on utilise des prénoms différents. Repensez à cela, si vous deviez inventer cette histoire sur le peuple français il y a 100 ans, auriez vous eu les bons prénoms? Si vous deviez inventer une histoire sur le peuple égyptien il y à 100 ans, auriez vous eu les bons prénoms? Vous auriez peut-être une vague idée de prénoms arabes, mais sauriez vous en quelle proportion ces prénoms diffèrent de ceux en Palestine ou en Syrie? Sans avoir vécu dans ce pays c’est impossible. Et même si vous avez vécu dans le pays, je ne suis pas sûr que votre intuition aurait été correcte quant aux prénoms les plus utilisés. J’ai une autre question. J’ai plein de questions ce soir. Quelqu’un ici a-t-il déjà donné un prénom qu’il pensait original à son enfant pour se rendre compte très rapidement, que beaucoup d’enfants sont appelés pareil? On en a au moins une ici. Un autre là. Un autre ici. Pourquoi cela arrive-t-il? Parce que notre intuition n’est pas toujours fiable en ce qui concerne la fréquence des prénoms, car nous nous basons sur un échantillon très petit. Donc même si les auteurs étaient en train d’inventer une histoire sur les personnes de ce lieu, ils auraient été incapables d’inventer les prénoms. A l’époque il n’y avait pas ces magazines qui vous disent quels sont les prénoms les plus populaires. C’est remarquable! Et ça continue, non seulement il avaient la juste proportion de prénoms mais aussi la juste physionomie de prénoms. Que se passe-t-il si vous criez «SIMON !»? Wow il y a beaucoup de Simon n’est ce pas, donc on a recours à ce que Wikipedia appelle la «désambiguation», («homonymie»  sur Wikipédia France) il faut distinguer un Simon d’un autre Simon. Et c’est ce qu’ils font dans le Nouveau Testament. Jésus avait 2 de ses 12 disciples qui s’appelaient Simon. L’un deux était Simon avec un petit suffixe Pierre ou Kepha, l’autre avec un suffixe le Zélote ou le Cananéen. Donc il y a une désambiguation. On voit d’autres désambiguations. Jésus alla manger avec un autre Simon, le lépreux mais il n’était pas lépreux à cet instant car les gens mangeait avec lui -il se peut que Jésus l’ai guéri- Simon de Cyrène a porté la croix. Il y avait beaucoup de Simons dans la foule donc on devait le distinguait. Simon Pierre dans le livre des Actes, Simon le tanneur ou le travailleur du cuir. 

Marie! Marie Magdalène ou Marie la mère de Jacques et Joset. Ils s’assurent que ces prénoms les plus communs soient personnalisés et pas les moins courants. Ça peut être rajouter un nom de famille, une profession, un lieu de naissance, peu importe mais il doit y avoir quelque chose qui les différencie. Alors comment quelqu’un qui invente une histoire en dehors du territoire peut-il faire cela? J’ai un autre sondage. Quelqu’un ici a t-il du mal à retenir les prénoms? OK on a 2, 3, 4 personnes honnêtes… D’autres? Ne soyez pas timide. D’autres personnes honnêtes. Levez la main. J’ai eu moi-même du mal depuis mon arrivée hier et j’ai eu 5 témoignages de personnes qui m’ont confessé avoir oublié des prénoms. Je peux te raconter toutes sortes de choses sur telle personne mais je ne peux pas me rappeler de son prénom. Je peux te dire quelle voiture elle conduit, combien de membres elle a dans sa famille; quel état elle a habité, ….TOUT! Sauf cette petite partie d’information vitale pour la présenter dans un contexte social. Je vous parie que ce soir, l’un de vous va vivre cette expérience. Ça vous arrive peut-être en ce moment. Vous regardez cette personne au loin et pensez: c’est là, je l’ai sur le bout de la langue, ça m’a juste échappé… oui je sais, sa fille est restée chez nous pendant 1 mois… Les prénoms sont tellement faciles à oublier. Pourquoi? Ça arrive parce qu’il n’y a aucune connexion logique entre un prénom et une personne. Il n’y a pas de raison logique pour laquelle cette personne a ce nom. Et parfois il y a beaucoup de raisons logiques pour lesquelles elle ne devrait pas avoir ce prénom. Voilà pourquoi on oublie les prénoms! On se souvient de choses sur les gens, mais le prénom est une des choses les plus difficiles à retenir. Les histoires sont faciles à retenir, les prénoms sont difficiles à retenir. C’est pourquoi quand vous regardez un film, vous vous rappelez du déroulement principal, vous vous rappelez ce que font les personnes secondaires mais vous rappelez vous du prénom du personnage secondaire? Non! Vous rappelez vous ne serait-ce que du prénom du personnage principal? Pas toujours! Vous partez en vacances et vous rencontrez des gens supers! Et vous rentrez, et vous racontez ce que vous avez fait mais vous allez peut-être oublier les prénoms car la chose intéressante à raconter c’est l’histoire. Les prénoms sont la première chose que l’on laisse de côté. Donc pensez à cela, si les Evangiles sont fiables sur les détails les plus difficiles à retenir, y a t il une seule raison qui nous pousserait à penser qu’ils sont faux sur tout le reste? Qui était avec qui? Où sont-ils allés ? Qu’on-t-il fait ? C’est facile, comparé à avoir les bons prénoms. Mais nous avons vu que les prénoms sont exacts. Ce qui prouve que nous n’avons pas ces histoire de 5, 6ème ou 19ème main… Parce que si c’était de 19ème main, ou même de 5ème main, vous n’auriez pas les bons prénoms. La seule façon pour avoir un patron de prénoms comme celui-ci est non seulement d’avoir des témoins oculaires mais des témoins oculaires de haute qualité. C’est ce que nous avons! 

Je veux pousser un peu plus loin ce raisonnement. Je suis sûr que vous avez entendu parler des évangiles apocryphes, des gens qui se sont dit «Allez rajoutons des Evangiles au Nouveau Testament»… Voyons comment ils se débrouillent au niveau des prénoms. Prenons l’Evangile de Thomas, le plus populaire, celui dont on parle. Comment se débrouille-t-il au niveau des prénoms males juifs palestiniens?… Bah pas si bien que ça:

Le personnage principal s’appelle Didyme Judas Thomas, c’est à dire le jumeau de Judas, ce qui ne se faisait tout simplement pas à l’époque. Dans un autre Evangile, l’Evangile de Marie, elle n’appelle pas Jésus par son nom «Jésus» et ne parle de lui que comme «le Sauveur» et de quelle Marie d’agit-il ? On n’en sait rien! Maintenant l’Evangile de Judas, publié récemment. Il a 2 prénoms juifs palestiniens: Judas et Jésus et ensuite une foule de gens sortis de nulle part! Pas très impressionnant. Je ne  le regarde pas en pensant «Wow ils connaissaient vraiment bien l’endroit et l’époque!» Allons plus loin. Prenons l’Evangile de Mathieu. Prenons la liste des prénoms des 12 disciples dans l‘Evangile de Mathieu. On remarque une incroyable corrélation entre cette liste de prénoms et des statistiques découvertes dans les 10 dernières années. J’ai mis entre crochet à côté du prénom sa place dans le classement des prénoms juifs palestiniens s’il fait partie des 99 premiers. Il s’avère que si c’est l’un des prénoms les plus utilisés, il est suivi d’un qualificatif, si ce n’est pas l’un des plus fréquents il n’a pas de qualificatif. Parcourrons la liste. 

Simon, numéro 1 au classement, a un qualificatif «appelé Pierre» et André, pas classé, son frère, donc il n’ai donné que comme référence à son frère. Jacques, classement élevé 11ème, «fils de Zebédé» et Jean, 5ème au classement, «son frère». Philippe, classement faible 61 ex aequo pas de qualificatif, Barthélémy 50 ex aequo, classement faible, pas de qualificatif.  Thomas, même pas dans le top 99, classement faible, pas de qualificatif et Mathieu, élevé dans le classement, 9ème, «le collecteur d’impôts». Jacques, haut classement, 11ème «le fils d’Alphée». Thadée, 39ème ex aequo, classement faible, pas de qualificatif. Simon, première place du classement,  «le Cananéen». Et Judas, 4ème au classement, «Iscariote, qui l’a aussi trahi». Je sais qu’on a beaucoup polémiqué sur cette liste; mais ces statistiques ne sont connues que depuis 2003. Et ce que l’on découvre c’est une corrélation entre ces prénoms anciens et des statistiques récentes. C’est remarquable, car cela m’apprend que ce que l’on a dans cette liste est une liste de Palestine, une liste faite sur le territoire. Si c’était inventé, ils auraient des prénoms différents. Les apôtres n’étaient pas connus par le prénom qu’on leur donne aujourd’hui. Pierre était juste connu comme «Pierre». Il n’était pas Simon avec le suffixe Pierre. Les prénoms se sont développés car ils sont devenus plus distinctifs en sortant du territoire mais ici ils ont juste le bon patron pour l’époque et le lieu. 

Cela fonctionne aussi avec les dialogues. Jean est assez commun, c’est le 5ème prénom sur la liste donc lorsque Hérode s’adresse à sa servante pour lui dire qu’il croit que Jésus est Jean le Baptiste revenu d’entre les morts, il ne peut tout simplement pas se réduire à dire «C’est Jean» parce que sa servante aurait répondu: «Quel Jean? Nous avons plusieurs Jean qui travaillent dans le palais… Ça ne nous avance pas!» Donc il dit «C’est Jean le Baptiste» et le narrateur continue «Hérode saisit Jean» sans qualificatif, car dans ce cas la narration sous-entend de qui nous parlons. Et la narration continue «Et Jean dit». Mais quand la fille d’Hérode veut la tête de Jean, elle doit spécifier, ou alors elle risque d’avoir la tête du mauvais Jean, elle dit donc: «Donne moi la tête de Jean le Baptiste.» Et la narration continue: «il donna l’ordre qu’on la lui donnât.» (Matthieu 14:9) On voit la différence entre la manière donc le narrateur s’exprime et la façon dont les personnages s’expriment dans les dialogues. Il est vrai que cela ne pourrait être qu’une figure de style littéraire bien trouvée pour rendre la narration authentique mais le plus vous pensez que les évangélistes étaient éduqués, le plus difficile il devient de dire qu’ils se sont trompés par incompétence. Gardez cette ligne de pensée en compte. Et ce que je peux dire que c’est exactement la manière dont les gens se seraient exprimés à l’époque. Et c’est de cette manière que les gens se seraient vraiment exprimés à l’époque et cela est peut être une preuve que nous avons affaire à un récit de comment les personnes parlaient. Intéressons nous au personnage principal des Evangiles, la personne la plus importante, je ne vais pas dire son nom pour l’instant, vous savez de qui je veux parler. Nous allons voir comment il est appelé. Comment est-il appelé dans la narration ? Comment est-il appelé par les autres ? Et comment s’appelle-t-il lui même? 

D’abord comment il est appelé dans la narration. Nous avons 4 Evangiles, Matthieu, Marc, Luc et Jean et nous avons Thomas et Judas là dedans. Tous avec le même prénom principal pour le même personnage. Puis nous avons l’Evangile de Philippe, un peu plus tardif, entre 150 et 200 ans après les évènements, qui évoque une relation entre Jésus et Marie, bien que le texte soit inachevé – ce qui enthousiasme les gens, parce qu’ils peuvent inventer les parties manquantes – évoque une relation entre Jésus et Marie Magdalène et il a donc été cité dans le DaVinci Code et dans celui là le personnage principal est appelé «Christ», c’est son titre principal. Dans l’Evangile de Pierre, on l’appelle «Seigneur», dans l’Evangile de Marie «le sauveur». Et les Evangiles de Pierre et de Marie n’appellent même pas ce personnage «Jésus». En mon sens, cela est quelque chose de plus tardif, après un développement, quand le nom de Jésus a été abandonné. Ensuite nous pouvons regarder les apparitions du nom «Jésus» dans les 4 Evangiles. Et nous voyons ici à gauche, Matthieu, Marc, Luc et Jean avec Jean qui a de loin le plus d’occurrence du nom «Jésus», mais on voit que d’autres Evangiles ont aussi le prénom «Jésus», comme Thomas, mais Marie et Pierre ne l’ont pas du tout. 

Comment le fondateur du christianisme était-il appelé dans les récits non-chrétiens ? Tacite écrit sur le feu à Rome en l’an 54, il dit que le fondateur du christianisme était appelé «Christ», «Christus» en latin.  Pline écrit à l’empereur en l’an 112 et dit que les «Chrétiens», «chrétiens» – au passage ce nom à vraiment pris – appellent Jésus «Christus», «Christ». Et Josèphe, un écrivain juif, montre un peu plus de connaissance et dit « Il est Jésus, avec le suffixe le Christ» pour le distinguer. En d’autres mots, le nom qui domine parmi les sources non chrétiennes primitives est «Christ», c’est pour cela que ça s’appelle le christianisme. Nuançons cela avec ce que l’on trouve dans les Evangiles, dans la famille de Jésus dans Matthieu et Marc. Nous trouvons une famille très typique. La mère s’appelle Marie (première position pour les femmes), le père s’appelle Joseph (deuxième  position pour les hommes), les enfants Jésus, Jacques, Joseph, Simon et Judas avec les positions 6, 11, 2, 1 et 4. Et si vous voulez en choisir un pour être le sauveur du monde, le prénom avec le meilleur sens serait Jésus, parce que l’étymologie parle un peu de salut, les autres n’ont pas ça. Mais ça n’était peut-être qu’une coïncidence. On va admettre ça pour le moment. On utilise l’ironie parfois en Grande Bretagne, mais bon… Il y a beaucoup de choses ironiques à propose de l’histoire britannique aussi… mais on ne va pas commencer avec ça. Quand on regarde dans Paul, le titre «Christ» prédomine par rapport à «Jésus». Je vous ai mis à en vert «Jésus» et en bleu «Christ», et bien sûr parfois nous avons «Jésus Christ» ou «le Christ Jésus» mais toujours est-il que pour Paul, «Christ» est plus utilisé. Pour les non chrétiens, le nom «Christ» est le plus commun. Grace à quoi, j’en conclue que très rapidement, bien que «Jésus» ait été le premier prénom,  le nom «Christ» en est venu à être majoritaire. Donc si les Evangiles avaient été écrits plus tard, ils auraient très bien dû omettre «Jésus» également, mais ils citent emploient correctement le mot «Jésus». Les groupes éloignés de l’origine du christianisme, omettent très facilement le nom «Jésus», comme l’Evangile de Pierre, ou l’Evangile de Marie. Regardons maintenant comment le personnage principal est appelé par les autres personnages. Nous avons déjà vu la longueur de chaque Evangile. Celui de Jean est le plus long, celui de Marc est le plus court. Comparons cela avec le nombre d’occurrence du nom «Jésus» dans les Evangiles et il s’avère que Jean a le plus de fois le nom «Jésus», et Luc en a le moins. C’est simplement parce que Luc à tendance à dire «Il» fréquemment, plutôt que «Jésus».

Ce que j’essaye de montrer et qui sera important pour la suite, c’est que les 4 Evangiles utilisent le nom «Jésus» différemment. Pourquoi j’essaye de montrer ça? Pour montrer qu’il n’y a pas de conspiration pour essayer de présenter Jésus de la même façon, car ils ont des façons très différentes de nommer Jésus. Mais nous allons voir qu’ils le nomment aussi de la même manière. Jésus était un prénom populaire (6ème dans le classement) Jésus, ou autrement dit Josué. Il y avait d’autres Jésus dans le Nouveau Testament. Jésus nommé Justus, Bar Jésus, certains manuscrits du livre de Matthieu donnent Barnabé comme Jésus Barnabé. C’est donc un prénom commun. Et donc dans la narration souvent, Jésus est juste décrit comme Jésus. Matthieu 21, «Ils firent comme Jésus leur dit» mais bien sûr à l’oral Jésus aurait été ambigüe, donc on voit que les foules ne disaient pas juste «Hey ! Jésus arrive le long de la route» mais «C’est le prophète Jésus de Nazareth en Galilée» Ils le disambiguent. Mais le verset d’après la narration reprend «Jésus entra dans le temple».

Le narrateur n’a pas besoin de dire plus que «Jésus», parce que si vous arrivez au chapitre 20 de l’Evangile sans savoir de qui vous parlez, y’a comme un problème. C’est évident ! On sait de quel Jésus on parle. 

Mais pour les foules à l’époque il y avait beaucoup de Jésus on voit donc que la manière dont elles parlent est la manière dont elles auraient dû parler. Regardez un autre exemple, Mathieu 26. Le narrateur écrit «Jésus lui dit» mais après «et une jeune servante vient à lui (Pierre) et lui dit « Tu étais avec Jésus le Galiléen »» Tous les Jésus ne venaient pas de Galilée, donc elle pouvait distinguer cette personne. Donc un personnage parle d’une manière, et le narrateur parle d’une autre manière. On continue, Pilate dit à la foule: «Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ?» et «Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Christ?» En d’autres mots, pas tous les Jésus sont appelés «Christ», il est distinct. Sur la croix «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs». Et même un ange a besoin de désambiguer, «car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié.» Cela on le tire de l’Evangile de Matthieu. Plus rapidement on peut parcourir les autres Evangiles. 

La même chose s’applique à Marc. «Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth?» et «Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi». Dans ce cas, il est intéressant de noter que le narrateur utilise «Jésus de Nazareth» mais bien sûr il dit cela en rapportant ce que quelqu’un avait entendu. Il n’a pas entendu que Jésus arrivait mais que Jésus de Nazareth arrivait et donc il était impatient et cria «Fils de David, Jésus» car pas tous les Jésus avaient une généalogie remontant à David. Ou comme quelqu’un d’autre à dit «Et toi, tu étais avec le Nazaréen Jésus.» et l’ange «vous cherchez Jésus de Nazareth»

Dans l’Evangile de Luc : «Ah! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth?»

«Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut?» «Jésus, maître» Tous les Jésus n’étaient pas des rabbins. «Et on lui apprit que c’était Jésus de Nazareth qui passait. Alors il s’écria: Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!» Alors vous pensez peut être à l’exception quand le brigand mourant dans Luc 23 se tourne vers Jésus et lui dit « Jésus, rappelle toi de moi» mais ici nous ne sommes pas dans une situation de foule, où l’on essaye de faire sortir quelqu’un du lot. La discussion est en un à un. La disambiguation n’a donc pas lieu d’être. De plus, les gens crucifiés comptent leurs mots. Et ensuite, nous avons Jésus sur le chemin d’Emmaüs, près à rencontrer ses disciples, et il agit comme s’il ne savait pas ce qui se trame. Et ils lui disent:

 «Ne sais-tu pas ce qui s’est produit au sujet de Jésus de Nazareth?» 

Voilà pour l’Evangile de Luc. On trouve le même modèle dans Jean:

 «Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph.» 

N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère?

Vous pensez peut être que c’est une exception quand dans Jean 9, l’homme né aveugle qui est guéri dit: «L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue». Pourquoi l’appelle-t-il seulement Jésus? L’intérêt justement de cette narration est que si vous regardez attentivement, cet homme se voit offerte la vue physique mais pas encore spirituelle, et au fil de la narration il comprend de mieux en mieux. Et le narrateur, afin de montrer qu’il est encore dans une certaine mesure ignorant, fait comprendre: il sait juste que l’homme s’appelle Jésus il ne sait rien d’autre. C’est un Australien qui s’appelle Bruce… Ça vous avance pas trop. Et donc pour montrer l’ignorance, il n’y a pas plus de détails.

Et ensuite dans le jardin: «Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth»

Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit: «Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs»

C’est donc un modèle qu’on retrouve à travers les 4 Evangiles. A l’oral, dans le contexte d’une foule, Jésus est desambigué et cela était nécessaire à l’époque et complètement superflu 100 ans plus tard ou dans un contexte totalement différent. Nous sommes en présence de quelque chose qui colle au lieu et au moment. Bien sûr vous pouvez dire «Ah ils étaient juste vraiment intelligents les auteurs, ils maitrisaient l’art narratif»… Les quatre?! Ça devient assez improbable pour moi. Et le plus vous les considérez intelligents, le plus difficile cela devient de dire qu’ils se trompaient à cause de leur incompétence. 

Comment le personnage principal se désigne-t-il?

Ce qui est intéressant c’est que le personnage principal parle de lui-même d’une manière différente de l’Eglise primitive. Par exemple, il ne passe aucun temps à enseigner sur que doit-on faire avec les non-juifs. Il y avaient beaucoup de Païens dans l’église primitive, mais il n’y à pas d’enseignement direct sur cela.

Il n’explique pas comment diriger un culte.

Mais ce qu’il fait, c’est enseigner en paraboles. Mais combien de paraboles nous donne Paul, ou l’Eglise primitive? Bon il y a le berger de Hermas, c’est un peu une parabole mais en générale l’Eglise primitive n’accrochait pas aux paraboles donc l’idée que l’Eglise primitive a inventé les paraboles à posteriori n’a pas de sens, vu qu’elle ne les utilisaient pas non plus plus tard. Donc non seulement son enseignement est différent, mais la manière dont il parle de lui-même aussi est différente. Car son auto-désignation favorite est «Le fils de l’Homme». Ce titre est utilisé très rarement de la part de quelqu’un d’autre que Jésus lui-même. 

Donc ce n’est pas un titre qui est devenu très populaire dans l’Eglise primitive, c’est en réalité complètement différent. 

Les contemporains s’expriment d’une façon plausible, la narration et les personnages s’expriment d’une façon plausible, et le personnage principal s’exprime d’une façon différente dont on parle de lui plus tard. Pour moi, cela se rejoint pour dire «Oui, ce que nous avons est un récit fiable» 

Regardant la distribution de comment la phrase «le fils de l’homme» est utilisée, nous voyons que c’est très fréquent dans Mathieu, Marc et Luc et Jean à gauche. Quand on regarde les Evangiles apocryphes à droite, c’est assez rare. Donc ma conclusion, n’est pas que je peux prouver que l’Evangile est vraie sur cette base mais plutôt que les prénoms dans l’Evangile ont l’aspect qu’ils devraient avoir si l’Évangile rapportait ce que les gens faisaient et disaient et qu’il serait très difficile pour quelqu’un qui essaye de rendre l’histoire plausible de créer ce genre de modèle. C’est juste trop complexe. 

Plus rapidement, regardons d’autres tests. Le test de la géographie.

Connaissent-ils tout simplement les lieux?  Une des choses que l’on découvre, c’est à quel point la connaissance des gens en géographie peut être… aléatoire… dès qu’il s’agit de lieux loins de là où ils habitent. Ma connaissance de la géographie du Texas est assez mauvaise. Je dois reconnaître qu’il y a un tas d’endroits très grands dont je n’ai jamais entendu parlé. Donc on peut s’attendre à ce que si les gens écrivent une histoire loin de chez eux, ils ne connaissent pas bien les lieux. Mais regardez la liste des lieux que l’on trouve dans les Evangiles.

Le nom de ville le plus fréquent est Jérusalem, la capitale. La deuxième, Nazareth, la ville associée à Jésus. Mais on ne cite pas que ces 2 villes, il y a aussi des petits villages assez reculés, comme Bethphagé, un petit village près de Jérusalem, Chorazin, en Galilée du nord. Voici la question: Comment quelqu’un en Syrie, en Turquie ou en Grèce, en Italie, en Egypte connaitrait les noms de ces villages? Eh bien à Rome, le meilleur endroit est peut-être d’aller dans une librairie. Mais si vous deviez acheter un livre de géographie, ils vous diraient tous quels sont les destinations à visiter à tout prix avant votre mort, il n’inclueraient donc pas Bethphagé ou Chorazin. Alors comment quelqu’un très éloigné saurait cela? Et ils ne connaissent pas que le nom de ces endroits; ils savent des choses à propos de ces lieux. Ils savent que Capernaüm est proche de la mer, ils savent si le paysage monte ou descend, les heures de voyages, toutes ces choses. Comment ont-ils su cela correctement? 

On compare ça avec les Evangiles apocryphes: 

  • les 4 Evangiles, 12 à 14 villes chacun, pour un total de 23 villes. 
  • Evangile de Philippe, 2 villes: Jérusalem et Nazareth mais il croit que Nazareth est le deuxième prénom de Jésus, donc c’est pas si bon. Il n’y a qu’un lieu bien mentionné Evangile de Pierre et du Sauveur: une ville, Jérusalem, et c’est la capitale.
  • Les 13 Autres: Zéro.

Donc dans tous les noms de villes correctement placés dans les 16 évangiles apocryphes et fragments principaux, il n’y en a qu’une: Jérusalem, la capitale. Pour moi, cela n’est pas révélateur d’une très bonne connaissance géographique; mais cela veut aussi dire qu’au lieu d’être des arguments contre les 4 Evangiles, les Evangiles apocryphes sont en réalité en faveur des Evangiles; parce qu’ils montrent ce qui se passent quand les gens, en effet, inventent des histoires. Ils sont en quelque sorte le cas témoin.

Je veux que nous regardions le nombre de mots qu’il y a dans les 4 Evangiles. Les 4 colonnes de gauche: Matthieu, Marc, Luc et Jean. Et 5 Evangiles non bibliques à droite. Fixez les 4 de gauche et regardez leur forme, j’ai juste changer la diapo aux noms de lieux comme Golgotha, les noms de rivières etc. Avez vous remarqué le changement de forme? Nombre de mots par Evangile, nombre de noms de lieux par Evangile. Vous remarquez le grand changement ici? Et que se passe-t-il si on met les noms de lieux en fonction de la longueur? On voit que les 4 Evangiles ont une égalité incroyable en terme de lieux cités pour 1000 mots. J’ai commencé à regarder cela dans une version anglaise, j’avais quelqu’un qui faisait de la recherche pour moi et je lui ai dit «Ecoute j’ai le pressentiment que les noms de lieux apparaissent plus dans les 4 Evangiles canoniques que dans les autres». Donc elle a travaillé la dessus dans une version anglaise et elle a trouvé qu’il y a entre 4,6 et 4,9 noms de lieux pour 1000 mots. C’est ce que vous vouliez tous savoir ce soir, n’est ce pas?

Ce qui est génial avec ça, c’est que vous pouvez faire l’expérience chez vous ce soir. Prenez la version numérique des 4 Evangiles, prenez tous les noms de l’index, supprimez ceux qui ne sont pas des lieux et trouvez par vous même. C’est pas difficile. Et en plus, les 4 Evangiles ont une égalité incroyable. Comment expliquer ça? J’ai une superbe explication. Ok, c’est parti. Luc parle à Marc: «Marc, combien de mots as-tu dans ton Evangile?» Marc compte ses mots. Au passage, les mots n’étaient pas séparés dans les manuscrits grecs donc ça a du être assez dur pour Marc de compter – mais il le fait diligemment, il compte et il trouve le nombre de noms de lieux. Et Luc lui dit ensuite: Je veux le nombre de mots, le nombre de lieux, et une proportion sur 1000 mots. Et avec toutes ces informations Luc a crée une narration avec la même proportion de noms de lieux. Mathieu et Jean ont entendu parler de ça. Ils se sont dits «C’est une idée géniale! On va faire pareil!» Et avant l’informatique, avant la télé, les gens n’avaient pas grand-chose à faire donc c’est ce qu’ils faisaient pour s’occuper. Sérieusement, est-ce vraiment plausible? Auraient-ils ce motif géographique si crédible s’ils avait juste ajouté des noms de lieux pour rendre le récit authentique? Un en mettrait trop, l’autre pas assez. Ça ne fonctionnerait pas. Mais s’ils racontent juste les choses comme elles se sont passées?  Ils racontent l’Evangile, mettant naturellement les noms de lieux quand ils sont nécessaires, est-ce plausible que si leurs récits sont plus ou moins long, ils auront la même proportion? Il n’ont pas la même proportion dans tous les passage, Matthieu , sermon sur la montagne, AUCUN nom de lieux, mais sur l’ensemble de la narration, on trouve le même intérêt pour la géographie, pas de manière exagérée, qui donne des détails inutiles, mais juste ce qu’il faut. On parle de vrai espace et temps. Pour moi, voilà une explication.

J’ai un autre test, le test de la botanique.

Quelqu’un connait-il l’histoire de Zachée, un petit homme? Vous savez quel arbre il a escaladé? Un sycomore. Quelqu’un peut nous chanter la chanson [d’école du dimanche]? Allez, on le fait tous ensemble… Non. OK. Question plus difficile, le niveau supérieur: dans quelle ville était-il quand il est monté sur le sycomore? Jéricho, Génial! J’ai un bon public ce soir. Il était à Jéricho. C’est dans l’Evangile de Luc. Ma question est… quelle va être la question?

Vous l’aurez compris: Y-a-t-il des sycomores à Jéricho?

La réponse est : Tu m’étonnes. 

Regardez, vous voyez là, il y a des hommes dans ce sycomore à Jéricho, ils se trouvent dans l’arbre à Jéricho. Comment pouvaient-ils savoir ça? 

J’ai 2 possibilités, 3 possibilités en faite. Mais commençons avec les 2 premières:

  1. La première possibilité est qu’il soit allé à Jéricho et qu’il ait vu des sycomores;
  2. La deuxième est qu’il ait parlé avec quelqu’un qui était allée à Jéricho et avait vu des sycomores.
  3. Troisième option, des extraterrestres de l’espace le lui ont dit.

Je vais éliminer cette troisième option, il y en a peut-être d’autres. Concentrons nous sur les 2 premières, ces 2 premières sont selon moi les plus dignes d’être envisagées. C’est le genre de choses que les gens qui ont été à l’endroit savent. Donc si les Evangiles sont exactes. Ils ne sont pas seulement exactes sur les noms de lieux, mais aussi les prénoms, les plantes, les formes des maisons, la forme du temple, la monnaie, la hiérarchie sociale, le contexte religieux…au final on pense «Il y a tellement d’opportunités de se tromper si ils inventent tout, tellement…et pourtant… ils ne semblent pas se tromper!

Autre chose que l’on peut dire est que ce type de sycomore, Ficus sycomorus, où apparait-il? Et bien, je me suis référé à la suprême autorité, Wikipédia. C’est la distribution actuelle, mais j’ai vérifié et c’est la même que l’antique. Il n’y a pas de Ficus sycomorus en Turquie, Grèce, Italie. C’est en Palestine et Syrie. Dans certains pays les gens n’auraient même pas entendu parlé de ces arbres, sauf s’ils avaient parlé à quelqu’un qui avait vécu là-bas. C’est le genre de chose qui colle assez bien, si la narration est vraie.

Je veux regrouper ces tests pour un passage. Il y a très peu d’événements qui sont racontés dans tous les 4 Evangiles, la Passion bien sûr, l’entrée triomphante, mais le miracle qui a lieu dans les 4 , c’est Jésus qui nourrit 5000 personnes.

Je ne peux pas prouver qu’un miracle a eu lieu, Personne ne peut prouver qu’un miracle a eu lieu mais nous pouvons nous demander ceci: la narration du repas des 5000 vient-elle d’un observateur proche de l’évènement ou éloigné?

Commençons par les chiffres. Comment compte-t-on 5000 personnes?

Avez vous déjà été dans le genre d’évènement d’église ou un rassemblement chrétien où on a surestimé le nombre de personnes présentes? Ça arrive…Donc ces 5000 pouvaient ils seulement être quelques amis des disciples? Et bien Marc et Luc nous parle du comptage des gens.

Luc 9:14-15: Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples: Faites-les asseoir par groupes de cinquante.

Donc avec 12 disciples et 5000 hommes. Cela fait un peu moins de 100 groupes, soit 8 groupes par disciple.

Pensez-vous que les disciples pouvaient compter jusqu’à 8? Collecteur d’impôts, pêcheur…C’est probablement le genre de chose… 1, 2, 3, beaucoup. Je crois qu’ils auraient était capables, oui je crois qu’ils étaient à la hauteur pour ça.

Regardons la description plus en détail: Marc et Jean font un commentaire sur l’herbe.  Marc dit qu’il y avait de «l’herbe verte» et Jean «beaucoup d’herbe». Est-ce juste un détail fabriqué pour rendre l’histoire crédible ou est-ce une remarque d’un témoin oculaire?

Marc nous dit «Car il y avait beaucoup d’allants et de venants» mais il ne nous dit pas pourquoi il y avait tant de va-et-vient. Mais après Jean nous dit:  «Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs.» En mettant ces 2 choses ensemble, l’une explique l’autre. A la Pâques les gens se déplacent.

Après dans l’Evangile de Jean, on voit Jésus se tourner vers Philippe pour lui demander où acheter du pain. Pourquoi choisit-t-il de se tourner vers Philippe parmi tous les disciples ? L’Evangile ne le dit pas. Après nous voyons que dans l’Evangile de Jean, Philippe répond et André répond également. Pourquoi? On ne sait pas.

Mais l’Evangile de Luc nous dit que le miracle eu lieu a Bethsaïda et celui de Jean que Philippe et André étaient de Bethsaïda. Pensez à ça. Si je lis l’Evangile de Jean tout seul, il n’y a absolument aucun sens à tout cela. Ces informations sont déconnectées. Et d’un coup si s’insère l’information à partir de Luc, ça à du sens. Même le petit détail dans Jean qui nous dit que c’était des miches d’orge a du sens. Ca colle parfaitement avec la période de la Pâques, juste après la récolte de l’orge. Mais nous dévions… L’herbe aurait-elle réellement été verte?

Référons nous à un graphique des précipitations, de Tibère, on peut regarder quand avait lieu la Pâques, et on vient juste d’avoir les 6 mois les plus pluvieux, l’herbe aurait-elle été verte? Tu m’étonnes ! Toutes ces choses s’assemblent et construisent, à mon avis, un récit croyable, crédible. Ça n’a pas été inventé par quelqu’un vivant bien loin du territoire. 

Alors certains pensent que les miracles attribués à Jésus sont le résultat d’un processus graduel, les gens exagéraient et à travers l’exagération et progressivement, on le décrivait comme un homme de beaucoup de miracles. Le plus choquant à propos des miracles de Jésus, c’est que tellement lui étaient attribué, et ils étaient tellement racontés d’une façon non romancée que mêmes les opposants du christianisme , les premiers opposants juifs, et par la suite les opposants païens, ne niait pas qu’il ai fait des miracles. Ils débattaient juste la source du pouvoir qui lui était donné. 

Le problème c’est que si les informations ont été déformées avec le temps, il aurait fallu faire ça avec tous les miracles et le principe du téléphone arabe ne déforme pas l’information de façon sélective. Il est inconcevable de penser que l’on n’a aucune exactitude sur le déroulement d’un miracle mais énormément de détails sur les choses mineures autour. Ça ne marche pas ! C’est plus probable que l’information majeure soit confirmée et les détails mineurs corrompus. Donc si les Evangiles ont les détails corrects, n’est ce pas raisonnable de penser qu’ils ont l’idée majeure correcte? Puis-je prouver ? Non! Quelqu’un peut me piéger, me dire tel ou tel point est faible dans ton argument, je ne le nie pas… Il y a toujours une réponse à tout, ça ne veut pas dire que cette réponse est juste. Mais si vous attribuez les Evangiles à une théorie du complot ou à des incompétents, ce n’est pas le format que vous retrouveriez. S’ils étaient le produit de quelque chose de distant de la réalité non plus. Donc je vois les Evangiles comme une course de haies. Sur chacune des haies, ils auraient pu trébucher, chacun de ces petits détails sur lesquels ils auraient pu être erroné. Beaucoup de littérature a trébuché. 

Dans la Bible il y a deux animaux, l’âne stupide, et le serpent très malin qui se trompe. Je suis sûr qu’il y a un message derrière ça. Les gens ont tendance à donner 2 visions du chrétien: que les premiers chrétiens se sont trompés car ils étaient incompétents, ils se fichaient des détails, car ils étaient un peu tête en l’air comme la plupart des religieux… Et la deuxième c’est qu’ils étaient très intelligents, et ils ont tout manigancé pour le rendre authentique. Ces 2 visions sont différentes. Pourquoi ne pas prendre le juste milieu? Les chrétiens étaient justes des gens comme les autres, pas plus intelligents ni plus bêtes que la moyenne. Des gens ordinaires. Des Texans moyens. Qui disent que ce qu’ils pensent à vraiment eu lieu. Merci de votre écoute. »

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Stéphane Kapitaniuk

Disciple de Jésus. Mari de Hanna. Papa de Noah et de 3 enfants repris dans le ventre de leur maman. Stéphane est le pasteur principal d'une implantation d'Église à Pont de Chéruy à 15 minutes de l'aéroport de Lyon St-Exupéry. Stéphane est diplômé de l’Institut biblique de Genève. Avec Hanna, il a fondé ChezCarpus.com, une librairie chrétienne de livres d'occasion. Il aussi créé plusieurs formations pour le logiciel biblique Logos (dont cette mini formation gratuite).Découvrez ici les articles qu'il vient de publier sur son blog.

https://stephanekapitaniuk.toutpoursagloire.com

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